Depuis quatre jours, les Français sont devenus encore une fois des otages. Ils sont à nouveau les victimes des syndicats de cheminots qui abusent de leur capacité de nuisance pour préserver leurs régimes exorbitants de retraite à 50 ans qu’ils avaient obtenus de la même façon. Même avec les meilleures conditions au monde pour leur genre de travail, les cheminots n’hésitent pas à vouloir faire chanter l’État qui veut éliminer les abus.

Le journal français de gauche « Libération » vient d’ajouter aux cris des Français, excédés par ces grèves qui durent et durent, sa critique des syndicats grévistes en citant le sociologue Gérard Mermet : « Les bénéficiaires des 128 régimes spéciaux ont une durée moyenne de retraite bien supérieure à celle de leur vie active. Ils percevront ainsi plus de pensions qu’ils n’auront reçu de salaires… La France est le seul pays au monde où demeurent de telles inégalités ». On peut comprendre pourquoi les sondages indiquent que la vaste majorité des travailleurs français ne sont pas solidaires des grévistes.

La grève coûte cher car ce ne sont pas seulement les trains passagers qui ne circulent pas mais aussi des trains vitaux pour l’économie française : trains de fruits d’Espagne, train d’ammoniac de Lyon vers une usine de chimie, etc… Le fret est 30% des affaires de la compagnie ferroviaire. Les répercussions sont énormes et ont un impact sur la consommation et tout ce qui en suit.

Alors que le ministre du travail s’est entendu avec les chefs syndicaux pour ouvrir des négociations, la grève perdure. Les cheminots espèrent avoir plus d’impact en attendant celle des fonctionnaires qui sera déclenchée le 20 novembre. Ce jour-là : « la Poste, les hôpitaux, les services administratifs, l’Éducation, le trafic aérien… seront bloqués ».

En cinq jours de grève des cheminots (ajoutant ceux du 18 et 19 octobre dernier) le ministre des Finances a estimé le manque à gagner à milliards d’euros pour le pays. Que sera le coût total à la fin de ce « tiraillage » non justifié ? Les Français vont-ils sursauter enfin ou vont-ils engager leur pays à nouveau dans une glissade ?

Sarkozy et son gouvernement ne peuvent reculer. Encore populaires et solides, ils savent que l’engagement électoral du président sur la réforme, la rupture avec le passé, est présent dans tous les esprits. Ils doivent maintenir le cap car l’opinion peut se retourner brusquement. Déjà, Sarkozy se montre conciliant mais ferme. Il veut persuader, non imposer. Son ministre a fixé la durée maximale de la négociation à un mois. C’est à ce moment que l’on saura si Sarkozy président est le même que Sarkozy candidat.

Il est clair pour des étrangers comme moi, que la France ne peut plus supporter le pénible « mal français » qu’est cette propension d’un groupe important de Français fatalistes à se plaindre de l’État qui les protège, à combattre le changement, à manifester pour tout et rien même sans raison logique, à broyer du noir, à oublier le civisme, à ruiner la jeunesse par l’endettement et à compter sur d’autres (ceux qui bossent, qui risquent et qui ont de l’espoir) pour assurer les revenus de l’État.

J’ai confiance que le président Sarkozy sera au rendez-vous.

Claude Dupras

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Jean-Claude Dupras

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