La France a démontré que l’énergie nucléaire est fiable, efficace et satisfait ses besoins en énergie sans émettre de gaz à effet de serre ni de poussière dans l’atmosphère. Avec ses 58 réacteurs, elle est devenue un exemple pour le monde au point que dans la campagne électorale actuelle aux USA, les deux candidats, Barack Obama et John McCain, ont inscrit à leur programme politique la construction de nombreuses centrales nucléaires pour aider leur pays à s’auto-satisfaire en énergie afin de couper sa dépendance envers les producteurs étrangers de pétrole.

Au Québec, le débat continue sur la décision récente de l’Hydro-Québec de rénover la centrale nucléaire de Gentilly-2. C’est la seule centrale que nous avons et, depuis 25 ans, elle produit 5 TWH d’énergie par année (3% de la production en électricité du Québec) pour alimenter les besoins de 270,000 clients résidentiels. Mise en service en 1983, sa durée de vie devait être de 30 ans. Mais après des études poussées, autant économiques qu’environnementales, la société d’État a décidé de la rénover et assure qu’elle sera fiable, sûre et sécuritaire jusqu’en 2040. Le coût de réfection sera de 1,5 milliards de $ et générera des retombées économiques importantes tout en créant de nombreux emplois.

L’Hydro-Québec qualifie l’énergie produite par cette centrale de propre et de qualité alors que les mouvements d’opposition au projet, tels : les Verts, Greenpeace, la fondation David-Suzuki, Equiterre et d’autres, craignent un désastre possibles comme celui de Tchernobyl; le danger de tremblement de terre; le manque d’entreposage 100% sûr pour les déchets radioactifs solides et les combustibles usés et la nécessité d’utiliser l’uranium qui est une ressource naturelle limitée. Ils dénoncent aussi les coûts grandissants du projet.

J’ai été surpris, en 2002, d’apprendre que l’opinion publique allemande avait convaincu les dirigeants de leur grand et important pays de sortir de la production d’énergie nucléaire dès 2020 et de fermer leurs 19 centrales nucléaires pour les remplacer par des centrales thermiques. Ce faisant l’Allemagne va à contre-courant de l’accord Kyoto puisque cette décision résultera dans une augmentation de la production de gaz à effet de serre. L’Allemagne a rejoint la Suède qui a la même politique et d’autres pays parlent de les rejoindre. Par contre, 30 centrales sont en construction dans le monde. Plusieurs autres sont prévues dont trois en Pologne.

Dans quelques années, l’opinion du peuple américain, tributaire de l’orientation actuelle de la politique américaine, forcera les États américains du nord-est du pays, clients de l’Hydro-Québec, à construire des centrales nucléaires pour répondre à leurs besoins grandissants et à la fermeture de leurs usines thermiques actuelles qui sont polluantes afin de respecter Kyoto.

Il semble que pour être écologiste il faille être anti-nucléaire car le « risque zéro » est l’objectif. Pourtant, le pétrole et le charbon, ont tué des gens par dizaines de milliers, sans inclure les millions de mort dans les conflits dont ils sont à l’origine. Les centrales thermiques au charbon rejettent plus de radioactivité que le nucléaire. Les nappes phréatiques et les rivières ont été beaucoup plus souillées par les porcs que le nucléaire. Le whisky a fait plus de morts que les centrales nucléaires.

Je ne veux pas trop élaborer ici sur les énergies renouvelables qui ont chacune des avantages, des contraintes et des aspects négatifs. La bio-masse exige des territoires très grands, les éoliennes doivent être très nombreuses, l’énergie solaire n’a pas de mode de stockage pour la production maximale d’été pour desservir la consommation maximale d’hiver. De toute façon, il est prévu que les énergies renouvelables combinées pourront à peine palier à l’augmentation annuelle de la consommation d’électricité.

Le combat contre les gaz à effet de serre est primordiale, sinon la végétation continuera à dépérir, le danger à la chaîne alimentaire marine deviendra une réalité, les tempêtes augmenteront en nombre et en intensité, les inondations aussi, ailleurs la sécheresse sera plus sévère, les courants marins changeront, les épidémies augmenteront, etc. Tous ces risques nous guettent. Voilà pourquoi, Kyoto doit être respecté.

Les physiciens retenus par l’Hydro-Québec certifie que « que les défis techniques que présente la rénovation de Gentilly-2 sont réglés ». Ils soulignent qu’il n’y a pas eu d’accident en 20 ans, que les déchets produits sont faibles et que le design de l’endroit pour le stockage des déchets canadiens est déjà fait.

Laisser tomber le nucléaire aujourd’hui, c’est se punir inutilement. Vouloir à tout prix atteindre le « risque zéro » est un diktat irréfléchi car le domaine de la production d’électricité par le nucléaire est très sécurisé.

C’est à se demander qu’elle est l’utilité d’une sortie du nucléaire pour un pays, si l’on mène chez les voisins une politique contraire ? C’est la question que je me pose en rapport avec Gentilly-2.

De plus, l’électricité produite à la centrale Gentilly-2 rénovée ne nous coûtera pas cher. Alors, pourquoi vouloir la fermer ?

Claude Dupras

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Jean-Claude Dupras

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