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Le ridicule tue… en politique

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« Duceppe à Ottawa et un péquiste à Québec », voilà ce qu’affirmait André Boisclair avant de démissionner subitement de son poste de chef du parti Québécois.

Saboté par Gilles Duceppe, le chef du Bloc Québécois à Ottawa qui visait à le remplacer, André Boisclair avait réagi en dénonçant publiquement Duceppe tout en l’avisant de se mêler de ses affaires et de rester à son poste sur le plan fédéral.

Duceppe, outragé d’être ainsi visé, avait joué à la vierge offensée en niant toute ingérence de sa part dans les affaires du Parti Québécois.

On sait maintenant que sa défense était fausse et que Boisclair avait raison, puisque, depuis, les députés du Bloc ont dévoilé le stratagème de Duceppe. Il pensait pouvoir forcer Boisclair à démissionner afin d’être lui-même couronné le nouveau chef du Parti Québécois, sans convention de leadership.

Il avait oublié Pauline Marois. Deuxième à la convention qui choisit Boisclair comme chef, elle est vite sortie de son cocon et en un rien de temps est devenue la favorite pour devenir le nouveau chef du PQ. Et cela, malgré que Duceppe ait annoncé officiellement qu’il quittait le Bloc pour espérer devenir le chef du Parti Québécois.

Deux jours plus tard, constatant la popularité incontestable de Marois, Duceppe renonce à la concurrencer et, comble du ridicule, annonce vouloir retourner à Ottawa à son poste de chef du Bloc.

Quel meli-melo ! Quel tort Duceppe vient de créer à l’avenir du Bloc ! Il deviendra vite le dindon de la farce à la Chambre des communes et aura toutes les difficultés du monde à refaire son image.

Comment croire un chef qui tergiverse ainsi et quitte son poste, par intérêt personnel, pour vouloir le reprendre après quelques jours ? Comment croire un chef qui avait assuré les électeurs Québécois que tous ses députés, incluant lui-même, resteraient à leur poste pour toute la durée de leur mandat alors qu’il vient de faire le contraire ? Comment croire en un chef qui a perdu sa crédibilité ?

Duceppe s’est montré irresponsable et petit. Il est clair qu’il n’a pensé qu’à lui-même. Il a renié son parti, sa mission, ses députés et le rêve de milliers de supporteurs du Bloc. Du jour au lendemain, il s’est dévoilé au grand jour pour ce qu’il est. Cela ne peut que lui créer un tort immense.

Son geste erratique va nuire considérablement aux chances du Bloc lors de la prochaine élection fédérale. Je suis loin d’être un partisan de la séparation du Québec mais, mises à part ces considérations, il faut quand même penser au rôle important que joue le Bloc sur le plan fédéral pour plusieurs Québécois. Cela se doit d’être toujours respecté.

En constatant l’affront qui vient d’être fait à tous ces partisans honnêtes et sincères, on ne peut que ressentir un sentiment de gêne devant le geste irréfléchi de Duceppe.

Il doit démissionner et laisser la place à un autre pour diriger le Bloc. Le nouveau chef pourra reprendre le flambeau de l’espoir de ses partisans. Il fera sûrement mieux que Gilles Duceppe, dans les circonstances actuelles.

Claude Dupras

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