Accueil Jean-Claude Dupras le Reform revient au galop…

le Reform revient au galop…

- Imprimer ce texte - Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message

Partagez cette page avec :

L’Histoire nous enseigne que le seul moyen pour un parti fédéral canadien d’obtenir une majorité parlementaire à la Chambre des Communes canadienne est de gagner un très grand nombre de sièges de députés au Québec. Minoritaire, le PM Harper rêve d’une telle majorité et fait tout pour cajoler les Québécois.

Il s’efforce de parler dans les deux langues officielles partout au pays et a fait voter une motion reconnaissant que les Québécois forment une nation. Ce fut surprenant. Mais est-il sincère ?

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression qu’il ne fait que de la petite politique. De la « potilique » comme me disait mon père.

En effet, ses actions commencent à m’inquièter car j’y décèle une tendance qui colle aux politiques de l’ancien Reform Party de l’Ouest du pays. Ce parti d’extrême droite, dont Harper était un adhérent actif, s’est transformé avec le temps et est devenu le parti conservateur d’aujourd’hui.

J’écrivais hier que le pourcentage de députés du Québec à la Chambre des communes diminue parce que le gouvernement conservateur a décidé de rétablir au Canada le principe de la représentation selon la population pour les provinces canadiennes au lieu de respecter les préceptes de l’entente du Lac Meach. C’était jadis une politique du Reform.

Avec le temps, le Québec n’aura plus le poids qu’il mérite dans la Confédération. De 55% de la population totale du pays durant la période du Canada-Uni, il était à 48% au début de la Confédération et sera de 22% avec la politique actuelle des Conservateurs.

Le gouvernement du Canada a adopté la loi sur les langues officielles pour assurer que la langue française et la langue anglaise aient un statut égal au Canada. Alors que le gouvernement conservateur dépense des milliards de $ pour rencontrer les objectifs de sa politique militariste et sa guerre en Afghanistan, il coupe, au même moment, les budgets qui permettent au Canadiens d’assurer que les objectifs de la loi soient respectés.

De plus, il nomme des individus unilingues pour des postes qui nécessitent des personnes bilingues tels, la présidence de la capitale nationale et celui de l’ombudsman pour les victimes d’actes criminels.

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser vient de confirmer cette tendance en affirmant hier « que le gouvernement ne joint pas le geste à la parole lorsqu’il s’agit du respect des langues officielles dans les institutions fédérales ».

On apprend que les conservateurs ont aboli le « programme de contestation judiciaire » qui permettait à des groupes minoritaires de se plaindre si la loi n’était pas respectée. Cette abolition était aussi une politique du Reform. On se rappellera le cas de l’hôpital francophone de Montfort pour lequel les Franco-ontariens ont combattu la fermeture par le gouvernement de l’Ontario et ont réussi finalement, grâce au programme, à le garder ouvert.

En plus, le commissaire Fraser souligne que l’ « offre de service bilingue par le personnel dans la fonction publique » a diminué de 24% à 13% durant la dernière année. Cela démontre clairement l’effet négatif d’Harper sur la protection et le développement du bilinguisme au Canada.

Avant hier, le gouvernement a muselé le Comité parlementaire sur les langues officielles car, dit-il, ce comité est imprégné de partisannerie. Ce geste exceptionnel va à l’encontre de l’existence de ce comité qui pourtant est garantie par les règlements de la Chambre des communes. M. Fraser a commenté cette situation en disant que le comité « a joué un rôle essentiel, donc ce serait triste s’il ne pouvait continuer son travail ».

Ce qui est encore plus grave, c’est que la responsabilité de l’application de la loi sur les langues officielles qui a toujours relevé du conseil privé, le cœur du gouvernement, a été reléguée au ministère du Patrimoine qui a peu d’influence dans tout l’appareil fédéral. Il est clair que le gouvernement Harper veut que la loi passe aux oubliettes.

De jour en jour, on se rencontre que le PM Harper fait de la petite politique de façade en utilisant la langue française dans ses discours alors que ses gestes manquent de sincérité et visent la portée de la loi et son application.

À la télé avant hier, j’ai vu, entre autres, le chef du parti libéral du Canada, celui du Bloc Québécois, un député du Nouveau-Brunswick, un de l’Ontario et un autre du Manitoba, tous francophones, se lever pour protester énergiquement les politiques du gouvernement en rapport avec le sabotage constant de la loi sur les langues officielles du Canada.

On peut se demander où sont les ministres québécois Bernier, Cannon, Fortier, Verner, Blackburn dans ce débat ? Que font-ils autour de la table des ministres pour protéger leurs commettants francophones ? Et les cinq autres députés conservateurs du Québec ? Ont-ils tous aussi peu d’influence ? Ne réalisent-ils pas que la question des langues officielles au Canada est d’une importance capitale et est le ciment qui tient notre pays ensemble ?

Croient-ils que les Québécois sont des « niauchons » qui de toute façon vont voter pour Harper simplement parce qu’il a diminué la TPS de 1% et réalisé d’autres mesures électorales mineures similaires.

Où sont les membres de l’ancien Parti Progressiste-Conservateur du Canada et leur ancien-chef-devenu-ministre Peter Mackay qui ont décidé de fusionner leur parti avec l’Alliance-Reform pour créer le nouveau Parti conservateur du Canada ? Pourquoi ne défendent-ils pas les principes et les politiques nationales de leur ancien parti au sein de leur nouveau parti ?

On comprend mieux, aujourd’hui, pourquoi de nombreux membres du PPC, comme l’ex PM Joe Clark, l’ex ministre Flora Macdonald, le sénateur Lowell Murray et un grand nombre d’autres, comme le soussigné, n’étaient pas en accord avec Mackay, pour la fusion, estimant qu’il était impossible de se réconcilier avec les politiques, anti-Québec entre autres, de l’Alliance-Reform.

M. Harper, j’ai des nouvelles pour vous. Votre jupe Reform dépasse trop… faîtes attention. Ce n’est pas parce que vous vous camouflez avec le nom conservateur et essayez de vous faire passer pour un digne successeur de Diefenbaker, de Stanfield et de Mulroney, chefs progressistes-conservateurs qui ont toujours respecté tous les Canadiens, que les Québécois et les Québécoises ne voient pas votre jeu et celui de vos ex acolytes.

J’ai toujours été un membre actif du parti Progressiste-Conservateur du Canada et jamais je n’ai vu de telles politiques rétrogrades qui visent si directement à affaiblir le fait français au pays. Ce n’est pas le genre de fédéralisme que je défends.

Claude Dupras

Imprimer ce texte - Cliquez ici pour recevoir ce texte par courriel