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La vierge offensée !

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Quel débat! C’est un des bons que j’ai vu depuis longtemps. Et c’est Ségolène Royal qu’il faut remercier pour le « show » d’hier soir lors de son débat avec Nicolas Sarkozy.

L’affrontement était de mise et l’arrangement aéré et clair du studio de télévision a donné l’ambiance propice aux échanges virils que nous avons entendus. Le roulement a été ininterrompu et les téléspectateurs français ont pu vraiment juger leur candidat sous un autre angle que celui de la campagne électorale.

J’ai l’impression que Ségolène était mieux préparée que Sarkozy pour cette émission au point de vue de l’image que les candidats devaient présenter. Elle regardait son adversaire sans cesse et la caméra la prenait toujours de face. Elle était belle, sérieuse et dynamique.

Sarkozy, plus calme, serein, sûr de lui, s’adressait, souventes fois, aux journalistes tournant ainsi la tête à une des caméras qui le présentaient de profil, à ce moment-là. À la fin du débat, lors des mots de conclusion par chaque candidat, Ségolène n’a cessé de regarder la caméra donnant ainsi l’impression à chaque téléspectateur qu’elle lui parlait directement.

Sarkozy, par contre, n’a pas suivi cette tactique et en aucun temps de ce moment final important, a-t-il regardé directement les téléspectateurs dans les yeux. Du côté présentation visuelle, Ségolène a eu le dessus dans ce débat.

Quant aux deux journalistes français qui dirigeaient le débat, ils n’auraient pas été là que cela n’aurait rien changé. Ils ont été nuls, incapables de diriger et de limiter les discussions pour respecter l’horaire établi. Ils étaient même interrompus par les candidats lorsqu’ils cherchaient à dévier la discussion vers le plan accepté par ces derniers. Quelle différence avec un débat au Canada !

Quant au fond du débat, Ségolène, montée sur ses grands chevaux, a cherché, sans succès, par son offensive, à déstabiliser Sarkozy. En élevant le ton, elle pensait avoir raison. Agressive, pugnace et quelque peu hystérique, elle a prouvé sa confusion et sa désorganisation Elle a tellement cherché à faire ressortir les défauts de Sarkozy que ce sont les siens qu’on a vus.

Pensant paraître sincère, elle a joué à la vierge offensée en accusant son adversaire d’immoral et de menteur sur le sujet des handicapés évoquant des statistiques qui s’avèrent aujourd’hui fausses. Il m’a semblé que cette sortie excessive était programmé d’avance et manquait de crédibilité.

En arrière dans les sondages, Ségolène a tout risqué. Malheureusement, ce faisant, elle a démontré son incompétence et je dirais même sa malhonnêteté. Sur les questions du nucléaire, du retour accompagné des fonctionnaires féminins à la maison, de la dette nationale, des 35 heures, du travail, de la fiscalité, des retraites, de la croissance, de la Chine et des Jeux Olympiques, de l’admission de la Turquie à l’Europe, etc… elle a tenu un discours bien embrouillé, creux, vague et peu convaincant.

Rien de concret, rien de solide mais des « je veux » à volonté sans appuis techniques pour supporter ses dires.

On a vite ressenti qu’elle n’avait pas de solutions à proposer aux Français, sauf de répéter sans cesse, qu’elle ferait des comités avec « les partenaires sociaux » pour étudier et analyser chaque question, ou presque.

De son côté, Sarkozy semblait un peu décontenancé par l’attitude de Ségolène. Mais il su gardé son sang froid et est demeuré pondéré, pragmatique et même surprenant. Il a su marquer des points en donnant des réponses concrètes, précises et des solutions aux problèmes évoqués. Politicien hors de l’ordinaire, il a prouvé qu’il est un homme d’action et possède les connaissances nécessaires à un bon président de la république française.

Je crois que Sarkozy a remporté de débat, en rapport au fond, haut la main.

Je l’ai trouvé ingénieux, perspicace, fin avec beaucoup de sagacité, de charisme et de prestance. Il a démontré qu’il maitrise bien l’art de la politique. Il a la carrure d’un chef d’État. Les Français ont la chance d’avoir un tel candidat qui brigue les suffrages pour la présidence de leur pays. Ils manqueront une réelle opportunité s’ils ne l’élisent pas, car Sarkozy est l’homme de la situation.

Claude Dupras

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