Accueil Jean-Claude Dupras Harper vs Dion, Duceppe, Williams…

Harper vs Dion, Duceppe, Williams…

- Imprimer ce texte - Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message

Partagez cette page avec :

Le Parti Conservateur du Canada est riche. J’ai été vice-président du Fonds PC du Canada de 1981-83, au moment où un système de sollicitation par lettres à des millions de Canadiens venait d’être mis en place. Des listes de donateurs en émergèrent et elles s’allongent depuis.

Ces donateurs, devenus réguliers, permettent au parti de recueillir, bon an mal an, des millions de $ en petites contributions. C’est vraiment un financement populaire. Et si le vent souffle dans sa direction, comme celui qui enfle les voiles du parti aujourd’hui, l’argent rentre littéralement par poches apportées par Poste Canada.

Récemment le PC a entrepris une campagne média du PC pour dénigrer Stéphane Dion, le chef du parti Libéral, au Canada anglais. Certains observateurs l’ont qualifiée de campagne de « salissage ». Elle a été payée avec les fonds du parti et a porté fruit puisque, depuis, Dion glisse appréciablement dans les sondages.

Aujourd’hui, une nouvelle campagne négative, en français cette-fois, commence au Québec pour mal présenter Dion. Elle est aussi payée par le parti. Les conservateurs planifient une autre campagne de même nature contre le chef du Bloc Québécois à Ottawa, Gilles Duceppe.

Il y a quelques jours, le gouvernement de Danny Williams, Premier ministre de Terreneuve et chef du Parti Progressiste Conservateur de sa province, a lancé à son tour une campagne média au pays contre le PM Harper, l’accusant de n’avoir pas tenu sa promesse aux Terreneuviens lors de la préparation du récent budget fédéral.

Il affirme « que Terreneuve perd des centaines de millions de $ parce que Harper n’a pas honoré sa promesse d’exclure les revenus du pétrole et du gaz de la formule utilisée pour déterminer le support financier à sa province « pauvre » sous le système de péréquation canadien ».

Le PM Williams cite un pamphlet électoral distribué lors de la dernière campagne électoral dans sa province par le PC du Canada et ajoute « …en plus, il s’est tenu debout sur deux tribunes électorales et l’a dit à notre face. Il l’a confirmé dans des lettres, encore et encore. C’était simple, c’était une promesse explicite et sans équivoque ».

Le PM Williams conclue que « les Canadiens devraient y penser à deux fois avant de faire confiance au Premier Ministre canadien » et rappelle le proverbe gaélique : « Il n’y a pas une plus grande fraude qu’une promesse non tenue ».

En réponse, le PM Harper vient d’annoncer, encore, que le gouvernement conservateur entreprendra une autre campagne média dans les journaux et les postes de radio du pays pour viser le PM Williams et l’accuser de mal informer le public. Cette fois, la campagne sera payée par tous les payeurs de taxes canadiens.

Je n’approuve pas qu’on utilise des fonds publics pour fins électorales partisanes. Je n’aime pas, non plus, ces campagnes hors-campagne électorale financées par un parti avec l’argent contribué par le public pour nuire à la réputation d’un adversaire politique. Ces fonds ne sont pas comptés alors comme dépenses électorales et cela me semble non seulement inapproprié, mais injuste.

Le PM Harper n’a pas à s’abaisser à de telles petitesses. Il peut critiquer ses adversaires dans les meetings politiques de son parti ou même au parlement. Quant à son différent avec le PM Williams, il n’a qu’à rencontrer les journalistes (particulièrement ceux de Terreneuve) et à s’expliquer clairement. Ses propos seront vite répandus dans tous le pays, les éditorialistes les commenteront et les Canadiens jugeront.

Ces campagnes de propagande négative, et par moment calomnieuse, ont été importées du parti républicain américain qui utilise ce procédé constamment pour salir l’adversaire et gagner les élections. On se rappellera comment l’ex candidat démocrate John Kerry a vu ses actes de bravoure, qui en ont fait un héros au Vietnam, salis et niés par les campagnes négatives de George W. Bush.

Je ne serais pas surpris qu’il y ait dans l’entourage politique du PM Harper un personnage de ce parti de la droite américaine

Elles me font aussi penser aux campagnes de propagande des fascistes d’avant la deuxième guerre mondiale. Ces derniers ont emballé leurs peuples par des campagnes publicitaires présentant toujours le coté des choses qu’ils voulaient faire croire avec des montages d’images qui reflétaient une réalité contrefaite et créaient de faux espoirs.

On n’a pas à jouer ce jeu chez nous.

Claude Dupras

Imprimer ce texte - Cliquez ici pour recevoir ce texte par courriel