Accueil Jean-Claude Dupras Et si Meach m’était conté…

Et si Meach m’était conté…

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Les Québécois ont rejeté l’entente du lac Meach proposée en référendum par le gouvernement fédéral dirigé par l’ex PM Brian Mulroney. Malgré l’appui de Robert Bourassa, le PM du Québec d’alors, Jacques Parizeau, l’ex PM et chef du parti Québécois, s’opposa à l’entente et entrepris de convaincre nos concitoyens de voter contre cette proposition constitutionnelle importante. Ce qu’ils firent en majorité.

Ce fut la grande erreur de notre siècle pour notre nation Québécoise.

Parmi toutes les clauses qui modifiaient la constitution et qui visaient particulièrement à préciser la place importante de la nation Québécoise dans le Canada, il y avait celle qui garantissait au Québec un minimum de 25% des sièges de députés à la Chambre des Communes.

Ainsi, même si la situation démographique des provinces du Canada changeait au désavantage de celle du Québec, celle-ci conserverait quand même le quart de la députation fédérale. Ce principe reconnaissait le poids historique et le rôle primordial et important que joue le Québec depuis la Confédération.

Aujourd’hui, on apprend que le ministre canadien de la Réforme Démocratique, Peter Van Loan, veut rétablir au Canada le principe de la représentation selon la population pour les provinces canadiennes. Comme on projette que les populations de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie Britannique vont augmenter, en proportion, plus que les autres provinces, elles verront leurs nombre de députés accroître de 22.

C’est donc dire que la représentation du Québec diminuera proportionnellement à 22%, car son nombre de sièges demeure le même qu’auparavant dans le projet du ministre.

À mon avis cela est inacceptable. Il ne faut pas oublier l’histoire du Canada et les rôles passé et actuel de ceux qui l’ont créé. Le parlement du Canada, sous Mulroney, à l’unanimité, avait reconnu le 25 % minimum, de même que les dix provinces canadiennes (même si le PM Wells de Terre-Neuve a renié par après la décision du gouvernement de son prédécesseur) qui appuyèrent le projet de Mulroney.

Cette formule donnerait dix députés de plus qu’aujourd’hui pour le Québec et il en aurait 85 sur une chambre de 340 députés.

L’accord du Lac Meach fut aussi démoli dans l’Ouest du pays. En plus de la bataille de Parizeau, les « westerners » l’attaquèrent à coups d’affirmations fausses, injustes et irresponsables envers le Québec. Ensemble, ils contribuèrent à faire gagner le « non ». Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux sont députés du parti Conservateur du Canada et du gouvernement du PM Harper.

Notre premier ministre canadien devrait reconnaître l’erreur que fut le rejet de cette entente. Il devrait reconnaître l’influence néfaste de son parti d’alors, le Reform Party, celle de son chef et mentor Preston Manning et celle de ses acolytes. Il devrait chercher à corriger ce tort malheureux qui entache le Canada. Il devrait être guidé par les préceptes de l’accord du Lac Meach.

Déjà, il est convenu, par la constitution, que le nombre de sièges des provinces à plus faible croissance démographique ne doit pas changer. C’est une exception qui montre que d’autres sont possibles. On peut, si on veut, assurer que la place décisionnelle du Québec dans le parlement du Canada ne soit pas amoindrie.

Ce principe a déjà été adopté unanimement (je le répète) dans cette enceinte et a aussi guidé l’adoption de la charte sur le bilinguisme et le bicultarisme au Canada.

Je me sens humilié de réclamer une telle exception dans un pays démocratique comme le mien car je crois, en principe, que chaque député doit représenter un nombre égal de Canadiens. Mais je crois aussi important d’assurer la présence, la force et l’influence de la nation Québécoise dans le Canada qu’elle a créé et développé avec les Anglais.

C’est à l’avantage du pays et cela a été maintes fois clairement démontré. Cette raison m’incite à piler sur mes principes et à me rallier à l’idée du 25%. Ce n’est que le gros bon sens, un minimum. Après tout, une exception ne fait pas la règle.

Claude Dupras

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