Le parti socialiste français (PS) a passé de longues et dures années dans le purgatoire de l’opposition. Durant ce temps, il a régulièrement réuni ses membres pour discuter politique et adopter les propositions qui ont faits partie de ses prises de positions en vue de l’élection de 2012. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a exigé que chaque candidat à la primaire socialiste affirme qu’advenant son choix il appliquerait le programme du PS, si élu président de la République. François Hollande gagna la primaire, fit la promesse et affirma maintes fois durant la campagne présidentielle que le programme était bon puisqu’il avait été proposé par le PS, un parti politique sérieux qui écoutait ses milliers de membres et que c’était la garantie qu’il était prêt à agir dès son entrée à l’Élysée.

François Hollande est président de la France depuis quatre mois. Qu’a-t-il fait ? Selon les observateurs : peu.

Certes, il a agi. Il a surtout aboli des lois votées par l’Assemblée Nationale, sous Sarkozy, comme la TVA sociale qui diminuait le coût du travail de 13,5 milliards d’euros afin d’améliorer la compétitivité des entreprises, la défiscalisation des heures supplémentaires pour faciliter l’emploi, l’augmentation du coefficient d’occupation des sols d’un terrain à bâtir pour favoriser la densification des constructions et contribuer à remédier à la pénurie de logements, et encore et encore. En somme, pour Hollande et son gouvernement, tout ce qu’a fait l’administration Sarkozy est mauvais et leur première responsabilité en est une de démolition pour obtenir un terrain vierge où ils érigeront leur programme de rêve pour l’avenir des Français.

Mais voilà ! Les Français ne sont pas des imbéciles. Face à ces gestes négatifs et partisans, la popularité d’Hollande dégringole. Alors que les loups sortent du bois et que les masques tombent, que disent Hollande et ses ministres pour se défendre ? Je vous le donne en mille…… c’est la faute à Sarkozy. Non seulement ont-ils réussi à épandre le mythe antisarkoziste à partir de l’élection de 2007, ils l’utilisent encore pour justifier leur inaction. Lors de sa récente conférence de presse, Hollande a encore jeté le blâme de ses difficultés sur son prédécesseur, plusieurs fois.

Les Français ont aussi remarqué que lorsque surgit un problème, le président et son gouvernement démontrent leur impensable manque de préparation à gouverner en créant commission d’études sur commission d’études avec mission de faire rapport dans deux à six mois. Et là, après avoir retardé leurs décisions, ils prendront, disent-ils, celles qui s’imposent. En réalité, ne sachant pas quoi faire, ils végètent et utilisent des faux-fuyant au lieu de se presser à sortir la France des sables mouvants économiques dans lesquels elle est embourbée et qui deviennent de plus en plus dangereux.

Hollande a affirmé hautement et clairement que le monde de la Finance était son véritable ennemi et qu’il le combattrait. Dès le début de sa présidence, il a confirmé son mépris envers les dirigeants d’entreprises en accusant publiquement ceux de PSA Citroën Peugeot (PSA) de « mensonges » lorsqu’ils annoncèrent la nécessité de fermer une usine. Ce fut une nette démonstration de son manque de confiance surtout lorsqu’il nomma un expert pour faire rapport sur la justification de cette décision. Comme si la famille Peugeot et le président de PSA étaient des gens peu sérieux qui s’amusent à détruire des usines dont ils auraient en fait besoin. Hollande ne semble pas comprendre que PSA a des actionnaires et qu’il est essentiel que l’entreprise retrouve le chemin de la profitabilité. Sans surprise, le rapport qui vient d’être rendu public justifie la décision de PSA. Le président de la France a nui à PSA puisque la valeur de ses actions a chuté considérablement à la bourse suite au branle-bas public qu’il a généré et il a injustement fait miroiter aux salariés de cette usine qu’il sauverait leurs emplois alors qu’aujourd’hui il se dit obligé de reconnaître la réalité. Un temps précieux a été perdu, à cause de son ignorance du monde des affaires, alors que tout aurait dû être mis en marche pour aider ces salariés à se relocaliser, si possible.

Il y a aussi ces autres affirmations d’Hollande à l’effet qu’il n’est pas Sarkozy puisque son premier ministre n’est pas un « collaborateur » mais le vrai chef du gouvernement. Dans la même phrase, sans même un léger sourire, il affirme que le gouvernement doit suivre la voie qu’il impose. Et on entend sans cesse les ministres, dire et répéter à la radio et à télé, « nous faisons ce qu’Hollande a promis et veut ». Il devient évident que le premier ministre n’est pas un collaborateur mais plutôt la marionnette du président. De la foutaise !

Il est temps que cesse l’antisarkozyste et qu’Hollande « mette ses culottes ».

L’état de l’économie européenne et de celle de la France demandent toute l’attention de son président pour trouver de vraies solutions et des arguments pour changer le pays et la mentalité de son peuple. La France ne semble pas avoir de vision d’avenir. Trop de Français sont d’éternels pessimistes qui ne pensent pas que demain peut être mieux qu’aujourd’hui. Ils voient les riches, les entrepreneurs, les entreprises comme des prédateurs qui les réduisent à un état de dépendance absolue. Pourtant, un bon exemple n’est pas loin. L’Allemagne. Un pays qui après une période difficile est devenu productif. Un pays réformé par tous ses dirigeants qui ont utilisé le capitalisme pour sa réussite. Un pays qui s’est donné un plan, il y a plus de quinze ans, et qui l’a suivi même en changeant de gouvernement. Un pays qui vend partout sur la planète grâce à la compétitivité de ses entreprises et à la qualité de ses produits. Un pays qui a compris que la réussite découle de l’innovation et qu’elle peut changer le monde.

Ailleurs, particulièrement en Asie, les pays dépensent des sommes colossales pour réussir mondialement en innovant et ils y réussissent plus en plus. Le Japon l’a démontré dans le passé et maintenant c’est, entre autres exemples, la Corée du Sud qui est partout avec des produits innovants et de qualité. Et la Chine s’en vient…

À quel moment les dirigeants politiques français de quelques partis qu’ils soient, reconnaîtront-ils que la France a trop de conflits sociaux et politiques qui bloquent son ouverture à un avenir réussi. C’est beau les commissions d’enquêtes d’experts, encore faut-il que les conclusions soient respectées par tous les joueurs et mises en application, non pas pour des raisons politiques mais pour assurer un développement constant. Mais il faut beaucoup plus que ça pour que la France de demain devienne un des grands pays manufacturiers de la terre. Il faut qu’elle devienne audacieuse et qu’elle investisse massivement dans la haute technologie, la recherche et l’innovation comme elle l’a fait dans le passé avec le nucléaire, le TGV, le Concorde, etc.

Le président Hollande se dit contre l’austérité mais pour la croissance. C’est facile à dire. Ce qu’il ne dit pas c’est que dans le monde d’aujourd’hui, la croissance ne peut venir que de l’innovation et que cette dernière découle de la recherche et de la haute technologie. De telles activités sont très difficiles à lancer et à financer, surtout dans un pays avec des politiques comme celles de la France. Cela demande premièrement une vision d’avenir claire et nette, une volonté inébranlable d’agir, une collaboration étroite État-entreprises et des investissements forts importants de la part des pouvoirs publics et du privé. Si on se fie à ce qui s’est passé ailleurs, ces conditions sont nécessaires pour obtenir un succès éventuel.

Le projet des Allemands était « Allemagne base productive ». Compte tenu de la situation actuelle et des conditions sociétales requises pour lancer un tel programme d’avenir adapté au temps actuel et à ce qui se fait ailleurs dans le monde, est-ce possible pour la France ? Est-ce adaptable aux intérêts et aux valeurs françaises actuelles ou vice versa ? Une chose est certaine, l’avenir ne sera pas ce qu’est aujourd’hui.

Claude Dupras

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Jean-Claude Dupras

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