Après les révélations scandaleuses qui émanent de la Société d’Habitation et de Développement de Montréal voilà que Montréal perd la course F-1 du Grand Prix du Canada. Mauvaise semaine pour les Montréalais et les Montréalaises, le Québec et le Canada.

En rapport avec le Grand Prix, on nous dit que c’est la faute de Bernie Ecclestone, le propriétaire de F-1 qui, après avoir annulé l’étape Montréal de la course, suite à ses difficultés de paiements avec l’ancien concessionnaire Legault, a demandé « la lune » au maire de Montréal et aux représentants des gouvernements de Québec et d’Ottawa qui l’ont récemment relancé afin de le persuader de reconsidérer sa décision et de replacer Montréal dans le calendrier mondial de la course pour 2009. Cette négociation fut un échec.

La vraie raison, c’est qu’à Montréal, il n’y a pas suffisamment d’argent pour qu’elle puisse demeurer en compétition avec les nouvelles villes qui ont été ajoutées au circuit, dans le monde. Ce n’est sûrement pas à cause du manque d’amateurs qui ont toujours été parmi les plus nombreux de toutes les courses, ni l’enthousiasme qui manquait.

Il n’y aura donc pas de course F-1 sur le continent des Amériques l’an prochain, ce qui me semble être un anachronisme grossier pour une course automobile qui se dit mondiale et qui est financée par les plus grands manufacturiers d’automobiles de la planète. C’est sûrement un geste négatif de marketing pour eux et ces derniers ne peuvent être heureux de la décision d’Ecclestone. Ils feront sûrement pression sur lui afin qu’en 2010 une ville des Amériques soit ajoutée au programme mondial des courses. Malheureusement, je crains que ce ne soit pas Montréal car on vient de nous faire la démonstration qu’il n’y a pas chez nous d’individus avec suffisamment de sous pour jouer à ce jeu-là, même si c’est une opération profitable.

Je ne serais pas surpris que ce soit Toronto.

Nous avons perdu nos Expos pour une raison d’argent alors que Toronto a encore les Blue Jays qui ont même remporté deux fois la série mondiale en 1992 et 1993. Toronto a une équipe professionnelle de basketball de la NBA, « les Raptors » qui est en bonne santé financière, alors que Montréal n’en a pas les moyens.

Certes nous avons « Les Canadiens » et l’équipe est financièrement solide. La raison est simple, car pour nous le hockey sur glace est dans notre sang et nous sommes tous motivés à payer des prix ridiculement hauts pour assister aux matchs ou encore à nous laisser exploiter en achetant les « memorablia » du club parmi les centaines de produits, à l’effigie du club, imaginés par son département de marketing, comme des tuques à $45, des chandails à $125, etc. D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls au Canada à être ainsi puisque que tous les clubs canadiens de la Ligue Nationale de Hockey font de très gros profits alors qu’aux USA, en général, les clubs opèrent à perte.

Toronto est une très grande ville, progressive et dynamique où il y a beaucoup de sièges sociaux très riches, d’entreprises solides et un très grand nombre de richards. La ville-reine, nouvelle métropole du Canada, peut dire merci à Montréal, qui dans les années ’60, a laissé aller vers elle presque tous ses sièges sociaux importants, des dizaines de milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes d’affaires et des milliers de nouveaux diplômés universitaires dans ce que l’on a surnommé le « brain drain ». Ces individus ont craint la montée du séparatisme et ont jugé bon alors de s’implanter ailleurs que chez nous. Quant à moi, ils ont eu tort de quitter et le temps nous démontre clairement qu’ils auraient pu réussir à Montréal, même en français. Mais le mal est fait. Il y a des jours où je m’imagine ce que serait le Montréal d’aujourd’hui, si elle avait gardé tous ses effectifs d’antan et j’en ai mal au ventre rien qu’à y penser. Une chose est certaine, j’irais encore voir jouer les Expos.

Si Montréal veut absolument retrouver son Grand Prix, le maire doit dénicher aux USA un de ces jeunes nouveaux très riches comme les propriétaires de « Google » ou de « Research in Motion », ou encore un jeune nouveau riche russe ou un scheik d’Arabie, afin de l’intéresser à Montréal et de le motiver à investir chez nous. « Les Canadiens » l’ont fait avec l’américain George Gillett jr qui en a fait une très bonne affaire, meilleure qu’avant. Sinon, le Grand Prix sera ailleurs en Amérique.

Claude Dupras

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Jean-Claude Dupras

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