383. J'ai la mémoire qui flanche … Le prévisible outrage des ans ?*
Mardi le 05 juin, 2012
Dès le cap de la quarantaine, la mémoire n’est plus ce qu'elle était…
À chaque décennie supplémentaire, la perte du mot, l'oubli des noms propres et le fléchissement de la mémoire immédiate deviennent de plus en plus fréquents.
Cela ne manquera pas d'inquiéter ceux qui en sont victimes ; « ça y est, j'ai la maladie d'Alzheimer » pensera la majorité d’entre eux.
Cette altération est-elle génétiquement programmée, peut-on en infléchir le cours ?
Il semblerait que nos aînés vieillissent dans de meilleures conditions que les générations passées.
La longévité, la qualité de la stimulation cérébrale, le maintien dans une vie dynamique et stimulante sont autant de faits qui amènent les plus de 80 ans, dans leur grande majorité, à se maintenir à un bon niveau mnésique.
Dès la fin de l'adolescence, dès le début de l'âge adulte, la mémoire commencerait à décliner selon les dernières études de neurosciences.
Cette érosion, minime au début, deviendrait plus conséquente par la suite.
Alors que la performance pure voit ses scores baisser, le vocabulaire, le maniement des mots et la construction du discours s'amélioreraient à partir de 70 ans.
Voici sans doute pourquoi la vie politique commence à l’âge où certains prennent leur retraite.
De façon claire, la stimulation intellectuelle permet une lutte efficace vis-à-vis de l'altération des capacités mentales.
« La nature a horreur du vide » dit-on.
Comme un muscle qui ne travaille plus, la cellule nerveuse, non sollicitée, perd ses capacités dans une proportion de 50 à 1.
De façon pas tout à fait réciproque, une restimulation permet à cette même cellule nerveuse de retrouver une efficience certaine.
Attention, pas de faux espoirs, le retour aux performances d’origine est impossible.
Ainsi, tous les travaux, toutes les activités et tous les jeux faisant travailler le cerveau constituent les bases élémentaires d'une gymnastique cérébrale garantissant un ralentissement notable de l'effondrement des fonctions mentales.
Ainsi, les mots fléchés, les mots croisés, les jeux de réflexion, la lecture, l'écriture, la reprise de cours, comme l'apprentissage d'une langue, sont à privilégier pour un cerveau à optimiser.
Par ailleurs, sur le plan physiologique, une bonne oxygénation et une bonne alimentation du cerveau sont une bonne option pour accompagner l'activité cérébrale et obtenir un meilleur résultat.
Une activité physique régulière, une hygiène alimentaire adaptée à l'âge, un souci de prévention évitant tout ce qui pourra « handicaper » la circulation sanguine cérébrale comme le diabète mal contrôlé, l'hypercholestérolémie, l'artériosclérose, le tabagisme, l'alcoolisme, l'excès de poids, augmenteront d'autant la mémoire et les capacités intellectuelles.
Ainsi, pour lutter contre vos pertes de mémoire, sachez avoir un esprit sain dans un corps sain.
Faites travailler « vos petites cellules grises », tentez de retrouver une hygiène de vie de sportif en évitant une vie sédentaire confinée au divan et à la télévision.
Pour les plus prudents, pour les plus jeunes aussi, la prévention dès l'âge de 40 ans sera à privilégier.
Une bonne surveillance médicale, un bon coaching physique et une alimentation la plus équilibrée possible, en tenant compte de ses besoins, voici la triade gagnante pour une mémoire conservée le plus longtemps possible.
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.