380. « Faisons un break » ! Qu'en attendre dans une vie de couple.
Lundi le 21 mai, 2012
Cette phrase bien connue quand le couple n’en peut plus, mérite que l'on s'y attarde.
Très schématiquement, le couple s’est constitué classiquement selon quatre modes de rencontre que je schématise par deux lignes : le simple croisement, la parallèle, le chevauchement et le croisement sinusoïdal des deux lignes.
Je vais les détailler ci-après :
Le croisement des deux lignes de vie consiste en un point de rencontre où les sentiments étaient intenses, où l'affectif et l'attirance physique primaient sur tout le reste. Passé la période du croisement, les deux lignes de vie se sont écartées peu à peu et les deux membres du couple n'ont plus rien de commun.
Ainsi, malgré un moment d'amour intense, la rareté des points communs amènera à l’échec rapidement.
Le parallèle des deux lignes de vie amène à un désir de vie commune qui s'apparentera plus à une collocation qu'à une vraie complicité de couple. Je vous rappelle que par définition les parallèles ne se croisent jamais. L'union bâtie sur ce modèle pourra durer tant que l'intérêt de la vie commune à deux existera. Il ne faudra pas en attendre de grandes émotions mais plutôt une vie de raison de deux associés.
Le chevauchement des deux lignes conduira chacun des deux membres du couple à éliminer de leur environnement tout ce qui pourrait nuire à la cohésion de leur duo.
Ils feront tout ensemble, ils partageront absolument tout, ils n’admettront pas que l'autre puisse avoir des activités distinctes, ils ne supporteront pas que l'autre ait un « jardin secret ».
Ainsi, leur vie sera réduite à la présence de l'autre, dont le poids à terme pourra devenir étouffant.
Le dernier mode de rencontre se résume entre le croisement et l'entrecroisement des deux lignes sinusoïdales, du lever au coucher, du lundi au dimanche, du 1er janvier au 31 décembre, de la première année de rencontre à la dernière année de vie du couple. Il s'agira d'avoir des points de rencontre et des moments de séparation durant lesquels on pourra « souhaiter l'autre », avoir ses activités propres pour pouvoir par la suite en parler avec l'autre, prendre de la distance par rapport à l'autre pour pouvoir l'apprécier, l'admirer et se sentir à nouveau certain de ses sentiments.
Ce mode de rencontre est le meilleur qui soit, il évite la rencontre éphémère du croisement, la distance des deux vies parallèles, l'étouffement des deux lignes de vie qui se chevauchent.
Alors, selon le mode de rencontre, le break n'aura pas la même utilité.
Dans le premier cas, vous l'aurez compris, s’il n’y a rien de nouveau, que le croisement de départ, les deux lignes continueront à s'écarter et ce n'est pas une séparation qui les rapprochera. Le break sera le constat d'échec après une vie à deux au départ prometteuse puis peu à peu ennuyeuse et au final détestable.
Dans le deuxième cas, le break ne fera que confirmer le caractère « associatif » de la vie à deux et n'apportera rien de bien neuf. Le couple pourra retrouver le toit commun pour des raisons pratiques et non pas forcément pour des raisons sentimentales.
Dans le troisième cas, le break sera une reprise de souffle pour celui qui sera trop étouffé par l'autre.
Le retour à une vie plus libre, à une respiration plus profonde, à un retour vers des relations amicales avec des proches exclus par la vie de couple, pourront décourager celui ou celle qui aura vécu le break à retourner vers un couple étouffant. Le break ne sera que la confirmation du fonctionnement réducteur du couple trop fusionnel.
Dans le quatrième cas, le break pourra être bien vécu étant entendu que le couple fonctionne déjà en « rapprochement / éloignement » tout en étant lié par des sentiments amoureux où se mêlent une admiration réciproque, une découverte sans cesse renouvelée de l'autre, une absence de pénalisation dans la vie à deux.
Ainsi, avant de se décider à faire un break, cherchez à comprendre comment fonctionne votre couple pour en prévoir le résultat.
Dans bien des cas, il s'agit des signes d'une insatisfaction au niveau du couple et d'une incapacité à se décider clairement et franchement à parler de séparation.
Alors, soyez un grand garçon ou une grande fille.
Sur une feuille de papier marquez les côtés positifs de votre vie à deux.
Sur une deuxième feuille de papier marquez en les côtés négatifs et puis… Prenez votre décision en vous faisant aider éventuellement par une personne « neutre » extérieure à la vie du couple.
Il pourra s'agir dans ce cas d’une consultation auprès d'un(e) psychiatre ou d’un(e) psychothérapeute.
STRESS, comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens, version polonaise
Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.