Accueil Ginette Villeneuve « L’art des tranchées » s’exposait à Limoges, en France…

« L’art des tranchées » s’exposait à Limoges, en France…

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Le Musée de la Résistance à Limoges présentait les chefs-d’œuvre des Poilus, façonnés dans les tranchées à partir de matériaux de récupération.

Pris sur ce site : http://www.la-croix.com/Culture/Expositions/L-art-des-tranchees-s-expose-a-Limoges-2014-08-01-1186735

Art ou artisanat ? Peu importe. Dans les tranchées de la guerre de 1914-1918, des soldats ont développé d’étonnants savoir-faire pour fabriquer des objets. Une exposition au Musée de la Résistance de Limoges en réunit une remarquable sélection, qui va des premiers jours du conflit jusqu’à l’après-guerre.

Bouillottes, moulins à café et vases en douilles d’obus

L’évolution chronologique a son importance. Car aux premiers temps des combats, les soldats se fabriquent surtout les objets qui leur manquent. Avec les douilles d’obus en laiton, ils élaborent des bouillottes, des moulins à café. Une pelle percée d’un trou devient un masque de protection pour l’observation des lignes ennemies.

C’est seulement lorsque la guerre de position s’installe qu’apparaît, paradoxalement, une recherche d’esthétique ou de fantaisie. Les douilles d’obus deviennent des vases, parfois ornés de motifs caractéristiques du style art nouveau.

Broches, ronds de serviette et jouets en bois

Les soldats fabriquent, pour eux-mêmes ou pour les vendre à leurs camarades, des petits cadeaux à rapporter à la maison lors des permissions : coupe-papier, broches, bagues, ronds de serviette, jouets en bois. La religion a également sa part dans cet artisanat avec une production d’objets de culte destinés aux aumôniers – des calices, des bénitiers – mais aussi des crucifix ou médailles que les poilus portaient autour du cou.

> Retrouvez notre dossier sur la guerre de 14-18

L’un des intérêts de l’exposition est de montrer l’artisanat des soldats de différentes nationalités. Ce qui permet de repérer à la fois des constantes quant aux types d’objets mais aussi des différences de style liées aux identités nationales.

Les « briquets de poilus » industriels

Les oppositions sont évidemment encore plus évidentes quand il y a une intention patriotique. On voit ainsi un encrier représentant une tête de cochon coiffée d’un casque à pointe. Pas besoin de préciser de quel côté du front il a été réalisé…

L’art des tranchées n’a pas pris fin le 11 novembre 1918. Il a continué à s’exprimer dans le souvenir des combats et des morts. On voit ainsi un émouvant « reliquaire », rassemblant un morceau de vareuse bleue, un éclat d’obus et les décorations d’un soldat victime des combats.

Les objets des tranchées deviennent aussi un marché quasiment industriel : les « briquets de poilus » sont fabriqués à la chaîne bien des années après l’armistice. Un marché d’autant plus animé que se développe un tourisme de mémoire : les Français vont (ou retournent) sur les champs de bataille et y achètent des souvenirs.

GUILLAUME GOUBERT

« L’art des tranchées », Musée de la Résistance, Limoges, a été présenté jusqu’au 31 décembre 2014.

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