Le logis est plein d’ombre on entend vaguement
Du vent par la fenêtre le doux chuchotement
Près de l’âtre un chat joue avec un pelote,
De laine grise qu’il déplace et transporte
Au gré de ses griffes, fines et acérées
Finissant à la fin par toute l’éffilocher.
Une femme s’affaire, près de la cheminée
Elle ravaude des filets usés par les années
Son mari est pêcheur, vous l’avez deviné
Et bien souvent ils n’ont rien à manger!
Car lorsque le gros temps l’empêche de sortir,
Il ne ramène rien et ne peut pas nourrir
Sa femme et ses enfants presque tous en bas âge
Cela le rend amer, et le rempli de rage!
Qu’allons-nous devenir ma pauvre Honorine,
Si le sort continue à s’acharner ainsi?
Je suis à bout de force et ce travail me mine
Et je ne dors jamais, pendant toute une nuit.
Le matin je me lève avec le désespoir
Et le soir je me couche dans la mélancolie.
Devrons-nous donc sans cesse tituber dans le noir
Et porter sans ployer, ce lourd fardeau maudit?
Les enfants écoutaient les plaintes de leur père
Et sur leurs maigres joues coulaient d’énormes larmes,
Les plus jeunes d’entre-eux étaient graves et austères
En mimant leurs aînés, qui comprenaient le drame.
Dehors une pluie fine commençait à tomber
Et le ciel se chargeait de gros nuages sombres,
La mer qui était calme lentement s’agitait
Et la terre et les nues sombraient dans la pénombre.
Encore une journée où il faudra attendre
Une journée de plus, une journée de trop!
La misère vraiment n’est ni douce ni tendre,
Et toujours enlaidit ce qu’il y a de plus beau!
Voilà six jours qu’il pleut et le vent a forci
Sûr qu’avec ce temps là, le poisson est parti
Il faudra une semaine pour qu’il revienne
Pour remplir à nouveau, les vieux filets d’étienne.
Les enfants sont couchés Honorine est inquiète
Elle n’a plus d’argent pour acheter du pain
Il faudrait un miracle, pour remplir les assiettes
Mais elle n’y croit guère et pense au lendemain.
Et pendant qu’au dehors la tempête redouble
Son esprit s’agite s’égare et se trouble
Elle se fait du soucis pour ses chers petits
Qui depuis quelques temps, ont très peur de la nuit.
Peut-être sentent-ils la mort qui rode et plane
Car la faim les tenaille tous les jours sans répit,
C’est vraiment trop injuste de vivre un tel drame
Pour des enfants encor à l’aube de leur vie.
Un silence inquiétant règne dans le logis,
D’habitude on entend, des souffles et des murmures
Cela est bien étrange car même en pleine nuit
Des bruits épars pénètrent son frêle voile obscur.
Cela était troublant et mystérieux même
Car ce calme trop calme n’était pas naturel,
Honorine avait peur, son visage était blême
Et inconsciemment elle prit son missel.
C’est alors qu’elle vit apparaître un ange
Qui lui dit n’aies pas peur je viens pour vous sauver
Vous ne foulerez plus, jamais l’immonde fange
Et votre faim sera toujours rassasiée.
Le lendemain matin la pluie avait cessé
Et dans le bleu du ciel un beau soleil brillait.

Malpas Éric. ©


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Bon dimanche à tous, surtout vous qui aimez les chats.

Ginette


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Ginette Villeneuve

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