La Suède est devenue le premier pays au monde à criminaliser l’achat de “services sexuels” en adoptant vendredi une loi punissant toute sollicitation faite à un(e) prostitué(e).

Une loi-cadre sur la protection des femmes, adoptée par 181 voix contre 92 par le Riksdag (parlement), criminalise à partir du 1er janvier 1999 l’achat de tels “services” en instituant une peine de six mois d’emprisonnement pour toute personne qui tenterait de les obtenir.

En revanche, le parlement suédois n’a pas interdit la prostitution en tant que telle, les personnes exerçant ce métier pouvant par conséquent continuer à proposer leurs services sans tomber sous le coup de la loi.

Ces dispositions, qui sanctionnent la “demande” au détriment de l'”offre”, figurent dans un texte général destiné à endiguer la violence exercée contre les femmes et à protéger leur dignité.

La nouvelle loi s’appliquera partout, dans la rue, les maisons closes, les clubs spécialisés, privés et autres instituts de massage où la police pourra appréhender toute personne qui aura proposé de rétribuer un quelconque “service sexuel”.

Selon les dernières statistiques disponibles de la police des moeurs suédoise, quelque 2.500 prostituées exerçaient dans le pays en 1993, dont 650 dans la rue. Au cours de la même année, celles-ci auraient reçu 125.000 clients dans un marché estimé à plusieurs centaines de millions de couronnes.

De nombreuses femmes d’Europe de l’Est et de l’ex-URSS ayant émigré en Suède au cours des dernières années se livrent par ailleurs à une prostitution “économique” parce qu’elles n’ont pas trouvé de travail dans le pays.

La nouvelle loi prévoit également un durcissement de la répression du harcèlement sexuel sur le lieu de travail ainsi que des peines aggravées pour les auteurs de violences physiques et mentales contre les femmes.

Le texte punit également sévèrement les personnes qui refuseraient de porter à la connaissance de la police des violences sexuelles commises contre une femme.

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