Rosaire Morin,
directeur de L’Action nationale

Vous songez à votre retraite. Vous désirez assurer la sécurité de votre vieillesse. À cette fin, vous confiez la gestion de votre épargne à une institution financière. Les travailleuses et les travailleurs cotisent généralement à des caisses de retraite. Pour tous, la sécurité des placements et le rendement des intérêts sont des facteurs d’importance vitale. La sécurité matérielle de la moitié des personnes âgées en dépend.

En 1998, au Québec, l’actif total du Régime des rentes du Québec, des régimes enregistrés de pension et des régimes enregistrés d’épar-gne retraite frôle les 200 milliards $. Les régimes de retraite administrés par la Caisse de dépôt et placement du Québec totalisent 56,6 milliards $. Les régimes enregistrés d’épargne retraite (REÉR) excèdent les 50 milliards $. Les régimes enregistrés de pension effleurent les 100 milliards$.

Cet argent alimente les marchés financiers. Il est investi dans les obligations, dans les actions, dans les hypothèques… L’épargne des cotisants contribue ainsi au développement de l’économie et à l’organisation de la société.

Mais, contrairement à la politique de multiples pays, les caisses québécoises ne participent pas à la croissance du milieu québécois. La Caisse de dépôt et placement est pratiquement la seule institution qui se distingue. Elle investit au Québec la moitié des régimes de retraite qu’elle administre.


La majorité des organismes de retraite déportent l’épargne des travailleuses et des travailleurs. Plus de 100 milliards$ des régimes de retraite développent des entreprises en d’autres provinces et pays. L’argent qui remplace la jeunesse crée peu d’emplois pour les jeunes du Québec.

Les Québécoises souscrivent à 1 200 caisses de retraite. Savent-ils que leurs épargnes sont surtout placées en d’autres provinces et en d’autres pays?


L’Action nationale a observé la situation. Sur 54 milliards $ d’actifs, les caisses analysées ont investi 23,29% en Ontario, 20,76% au Québec, 20,40% dans les valeurs du gouvernement fédéral, 17,93% dans des titres hors Canada et 17,62% ont été placés dans les autres provinces canadiennes.

Les gestionnaires des caisses de retraite ont placé 11 milliards $ seulement au Québec. Ils ont investi 79,24% de leurs avoirs en d’autres contrées.

Les travailleuses et les travailleurs savent-ils que les caisses québécoises de retraite créent cinq fois plus d’emplois en dehors du Québec que dans les entreprises d’ici? La déportation massive de l’épargne appauvrit le Québec. Elle augmente le nombre des chômeurs, des assistés sociaux et des pauvres. Elle rend plus difficile la création de projets rentables.

Les Québécoises et les Québécois ont-ils plus confiance dans les autres qu’en eux-mêmes? Ignorent-ils que la sécurité de leur vieillesse peut être menacée si leurs épargnes sont investies dans des économies attractives où les bourses et les banques basculent sans prévenir? Réalisent-ils que l’avenir de leurs enfants sera difficile si la culture de la pauvreté s’enracine davantage, parce que les gestionnaires de leurs fonds de retraite n’ont pas découvert de projets rentables au Québec?

Pourquoi les gestionnaires des caisses de retraite préfèrent-ils quelques millions d’intérêts additionnels sur placements à l’étranger? Ils perdent complètement de vue que la facture sociale d’un million de personnes sans travail coûte plus de 30 milliards $ par année en perte de production, de salaires et de fiscalité.

(À suivre)

88888

Plus dans la section

Flash !

Related Post