Bonne journée

Frimousse

La place la plus importante pour un animal c’est celle qu’il occupe dans le cœur de son maitre.

Elle avait dix ans lorsque la vétérinaire m’apprit que la bête était prise d’un mauvais mal et qu’il ne valait pas la peine d’investir pour le peu de chance de réussite. Je lui ai répondu de me laisser un mois pour m’y faire mais elle m’a dit : elle ne durera pas un mois, elle va elle-même te le demander.

Dix jours plus tard, en me levant à sept heure du matin, après avoir du la calmer et la rassurer une partie de la nuit parce qu’elle était agitée, elle ne me quitta plus des yeux et j’ai du comprendre que le moment était venu; elle était rendue au bout du rouleau.

Je me suis résigné à prendre rendez-vous à la clinique pour l’euthanasie a la fin de l’après-midi. Non seulement j’ai assisté mais je l’ai caressé dans le cou lorsqu’on lui a fait l’injection et jusqu’à son évanouissement. Il y avait une telle complicité entre nous, elle avait été une amie sincère, fidèle et docile et j’ai voulu l’accompagner jusqu’à la fin.

Pour qu’elle souffre le moins possible, pour une fin en douceur, non violente. Et j’ai souhaité en revenant à la maison que lorsque mon tour sera venu, je puisse moi aussi partir en douceur sans acharnement thérapeutique, sans agonie inutilement prolongée et avec l’assistance de la médecine et de la pharmaceutique.

Lorsqu’il n’y a plus de qualité de vie il n’y a plus de raison de vivre disait mon père quelques mois avant de mourir. Je crois qu’il avait raison et c’est principalement à chacun d’entre nous de décider du moment venu, en toute connaissance de cause.

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Fernand Turbide

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