À l’été 74 j’ai navigué et pêché avec lui sur son chalutier « Le Marie-Hélène » pour quelques voyages. C’était un bateau qui à la drague pêchait la morue et la plie (sole). Je n’étais pas un pêcheur de métier et comme j’étais plutôt du genre enfant gâté qui avait eu la vie plutôt facile et qui physiquement n’avait jamais vraiment travaillé fort ce travail de la pêche je l’ai trouvé exigeant.

Remonter jour et nuit a tous les quatre heures cette drague qui remontait en moyenne chaque fois cinq mille livres de poisson qu’il fallait trier, éviscérer dans le cas de la morue, et jeter dans la cale sur la glace, sans dormir ou presque, ce n’était pas de tout repos. Je crois que pour être a l’aise dans ce métier il faut avoir commencé jeune.

Par contre la navigation, les heures de route a faire pour se rendre sur les lieux de pêche et pour aller livrer le poisson, ça j’ai adoré et j’y serais encore si le travail s’était limité à cette fonction. Nous étions cinq hommes d’équipage dont le capitaine qui lui ne dormait presque pas durant ces jours de pêche contrairement a nous qui à l’occasion pouvions profiter d’une heure de sommeil.

Ce qui m’à permis au cours de ces voyages de livraisons du poisson d’aller deux fois a Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse, a la tabatière et Blanc Sablon où le 11 juillet de cet été là, en direction du Labrador, la glace nous a empêché de poursuivre notre route.

Nous étions 5 chalutiers, deux des Iles de la Madeleine et trois du Nouveau-Brunswick et je regretterai toujours de ne pas avoir eu d’appareil photo ou vidéo parce que le spectacle était sublime. Durant tout l’après-midi nous avons du louvoyer au travers d’icebergs, des sculptures naturelles toutes plus belles les unes que les autres.

Je veux rendre hommage à ce capitaine, homme fort physiquement et moralement. Sobre et compétent nous nous sentions en sécurité. Il ne prenait aucun risque et savait chercher l’abri par mauvais temps. Bonne route pour ce dernier voyage mon capitaine, « Léonard Hubert ». Tu fais parti d’une race d’homme honnête, d’une droiture exemplaire dont on se souvient.

Fernand Turbide

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