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LIEU HISTORIQUE NATIONAL DE LA GROSSE-ÎLE-ET-LE-MÉMORIAL-DES-IRLANDAIS

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Un voyage dans le temps

Situé au milieu du fleuve Saint-Laurent, le lieu historique national de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais se veut une destination unique où l’histoire et la nature se conjuguent afin de créer des expériences mémorables. Station de quarantaine pour le port de Québec entre 1832 et 1937, la Grosse-Île aura été témoin de vagues d’immigration majeures au Canada, mais également de drames humains et de dévouement exceptionnel. Gardien de ce trésor patrimonial d’exception, Parcs Canada vous ouvre les portes de ses bâtiments d’époque restaurés, mais aussi d’histoires empreintes d’une richesse insoupçonnée. Bienvenue à la Grosse-Île, terre de sensations!
Un pied dans la nature, l’autre dans l’histoire : voilà qui décrit l’expérience Grosse Île! Découvrez un lieu enchanteur où paysages évocateurs, nature inspirante et histoires émouvantes se conjuguent pour un séjour inoubliable. Immergez-vous dans la vie d’un immigrant ou dans celle d’un employé lors de votre visite à pied ou en train-balade du village et du secteur des hôpitaux. Vivez le passage des immigrants en quarantaine en empruntant le sentier des Irlandais ou en vous recueillant au mémorial. Sillonnez le sentier du Mirador pour admirer l’archipel de l’Isle-aux-Grues ou pour simplement être témoin d’une richesse naturelle insoupçonnée. Soyez les bienvenus à Grosse Île et venez constater ce qui en fait un lieu d’exception.

Une histoire touchante

Située au milieu du fleuve Saint-Laurent, la Grosse-Île sert de station de quarantaine pour le port de Québec de 1832 à 1937. Il s’agit, à l’époque, de la principale porte d’entrée des immigrants au Canada. Avec ses drames humains et le dévouement exceptionnel de son personnel médical, l’histoire de la Grosse-Île vous touchera. Revivez l’expérience troublante mais remplie d’espoir de ces millions d’immigrants qui ont navigué vers un avenir meilleur et découvrez qui sont ceux qui ont su les accueillir.

L’occupation de la Grosse-Île commence bien avant l’ouverture de la station de quarantaine, en 1832. Les premières traces manuscrites de l’occupation de l’île datent du 17e siècle. En effet, le 4 septembre 1662, le gouverneur Pierre du Bois d’Avaugourexternal link octroie une concession agricole à Noël Jérémie de la Montagne.

Par la suite, l’île change de nombreuses fois de propriétaires. Le dernier bail est accordé le 30 juillet 1831 à Pierre Duplain par Louis Bernier. Une maison ainsi qu’un hangar, une étable et diverses dépendances occupent le secteur Est à cette époque. Le locataire et le propriétaire sont expropriés l’année suivante afin de faire place à la station de quarantaine.

Depuis le blocus continental des îles Britanniques exercé par Napoléon à partir de novembre 1806, Québec devient un port central dans l’exportation du bois vers l’Angleterre ainsi que le quartier général des forces britanniques stationnées en Amérique du nord.

Une pandémie de choléra provenant de l’Inde se propage à partir de 1826. À compter de 1831, elle frappe les îles Britanniques, où elle fait de nombreuses victimes. La crainte de voir la maladie traverser l’océan Atlantique amène les autorités à chercher une solution afin de protéger les colonies. La Grosse-Île ouvre ses portes comme station de quarantaine sous la responsabilité de l’armée britannique au printemps 1832, à la suite de la promulgation d’une loi votée par la Chambre d’assemblée du Bas-Canada.

Du début du 19e siècle jusqu’en 1845, l’Irlande connaît un boom démographique sans précédent. Elle voit sa population passer de quatre à huit millions. Cet accroissement phénoménal cause un problème à la structure agraire. Les tenures devenant de plus en plus petites, une bonne partie de la population est poussée à maximiser sa production de patate afin de se nourrir. La baisse des tarifs agricoles, en 1815, augmente la précarité financière des ménages irlandais. De plus, à partir de la fin des années 1830, l’Irlande connaît une succession de mauvaises récoltes qui accentuent les problèmes alimentaires.

L’Europe, et plus particulièrement l’Irlande, est frappée dès 1845 par le mildiou, un pseudo-champignon s’attaquant aux plants de tomates et de pommes de terre. Au cours des années suivantes, l’Irlande connaît une terrible famine, la pomme de terre étant toujours l’aliment de base d’un fort pourcentage de sa population.

Ces événements provoquent une forte vague d’émigration vers l’Amérique du Nord et la constitution d’une diaspora irlandaise. Près de 100 000 immigrants, dont 95 % proviennent d’Irlande, arrivent au port de Québec. Ils fuient la Grande Famine autant qu’ils recherchent un avenir meilleur.

Les autorités de la station de quarantaine tentent de répondre au besoin urgent de logements pour un nombre grandissant d’immigrants en accélérant la construction d’abris et la mise en place de plusieurs centaines de tentes à la Grosse-Île. Le secteur Ouest, ouvert en 1832, est rapidement surpeuplé. Les autorités de la station décident alors d’ouvrir et d’utiliser le secteur Est afin de loger le flux incessant de nouveaux arrivants et d’ainsi pallier le manque d’espace.

Malgré les efforts et le dévouement exceptionnel du personnel, la station vit la plus grande tragédie de sa jeune histoire : 5424 personnes y sont enterrées cette année-là. Le typhus et la diphtérie sont les causes premières de ce taux de mortalité inhabituel. De nombreux employés présents sur l’île périssent également au cours de cette année en tentant d’aider les nouveaux arrivants.

De plus, des 100 000 immigrants quittant l’Europe vers le Canada, 20 % décèdent avant d’atteindre leur destination; soit en mer, à la Grosse-Île ou plus à l’ouest. Beaucoup d’enfants perdent leurs parents au cours de cette année. La plupart sont adoptés par des familles québécoises de la région. Ces orphelins gardent par contre leur nom irlandais.

Au total, pendant les 105 ans d’existence de la station de quarantaine, 7 553 immigrants sont enterrés dans un des trois cimetières de la Grosse-Île. Les décès de 1847 représentent donc 72 % de l’ensemble de la mortalité de toute l’histoire de la Grosse-Île. 

Dès 1848, le secteur Est devient le secteur des hôpitaux, et le secteur Ouest, celui des gens sous observation. Cette séparation permet d’éloigner les malades des gens en santé et donc de réduire le risque de contagion. Si les malades résident dans le secteur Est, c’est que les vents dominants proviennent de l’ouest, repoussant les miasmes vers le fleuve, et non vers les gens en santé. On croit en effet que les miasmes, particules invisibles, volantes et puantes, attaquent les mauvais chrétiens et les gens de mauvaises moeurs. À l’époque de l’ouverture de la station de quarantaine, peu de médecins pratiquent une médecine scientifique, ou « contagionniste », la majorité étant plutôt partisans d’une médecine dogmatique. La médecine moderne prend réellement son envol dans les années 1870, avec les découvertes de Louis Pasteur et de Robert Koch ainsi qu’avec le perfectionnement du microscope.

En 1869, le docteur Frédérick Montizambert entre en fonction comme troisième surintendant de la station. Au cours des 30 années suivantes, il voyagera à travers le monde, visitera différentes stations de quarantaine et appliquera les meilleures méthodes au Canada. Montizambert modifiera le processus quarantenaire et fera de la Grosse-Île une station à la fine pointe de la technologie.

Pour la station, les années 1880 sont particulièrement marquantes. On construit dès 1881 un hôpital de brique. Dès 1886, les navires sont systématiquement désinfectés et fumigés. En 1893, on construit un bâtiment de désinfection, pour les immigrants aussi bien que pour leurs bagages. Finalement, afin de répondre aux exigences grandissantes des compagnies de transport maritime, un hôtel pour les passagers de cabine est construit en 1893.

Avec l’arrivée en 1899 de Georges-Élie Martineau, remplaçant de Montizambert et dernier surintendant de la station de quarantaine, la modernisation de l’île se poursuit, notamment grâce à l’arrivée de l’électricité, en 1902. Toujours sous la gouverne de Martineau, la station se dote d’un bureau de vaccination et d’inspection médicale ainsi que d’un laboratoire bactériologique, d’un hôtel de première classe et d’un hôtel de troisième classe.

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