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Giacometti

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EXPOSITION ALBERTO GIACOMETTI

Depuis le 8 février et jusqu’au 13 mai 2018, le pavillon Pierre-Lassonde du Musée National des Beaux-Arts du Québec accueille l’exposition Alberto Giacometti, déjà présentée à la Tate Modern de Londres, et en route pour les musées Guggenheim de New York et de Bilbao. Particulièrement cohérente, on peut y admirer les célèbres sculptures en bronze de l’artiste, mais aussi des plâtres plus méconnus, des toiles et des dessins.
Alberto Giacometti est un artiste suisse né en 1901 au Tessin. Fils de peintre, il part en 1922 pour Paris pour étudier la sculpture avec Bourdelle. Il se lie avec le groupe surréaliste, qu’il intègre officiellement en 1931. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il quitte la France pour la Suisse ; à son retour, il perfectionne son style de la maturité auquel il travaillait depuis la seconde moitié des années 1930. Il développe son esthétique par des portraits et des sculptures de bronze qui sont maintenant emblématiques de son œuvre. S’il se distancie assez tôt du surréalisme, sa fréquentation des intellectuels les plus influents de la France de l’époque (Beckett, Sartre, Beauvoir, Genet) lie intimement son œuvre à l’existentialisme.

L’entrée dans le pavillon Pierre-Lassonde, inauguré en 2016, est le premier choc esthétique de la visite. Entièrement vitré du côté de la Grande Allée, le bâtiment de béton brut et de volumes d’une blancheur éclatante sous la lumière naturelle suscite une forte impression dès les premiers pas dans l’atrium. Déambuler sous le haut plafond jusqu’à la galerie d’exposition, à l’autre extrémité du hall, installe déjà le visiteur dans un état d’esprit contemplatif.

L’exposition se construit selon une succession chronologique des œuvres, des influences de ses débuts, jusqu’au surréalisme et à son retour à la sculpture figurative, ce qui permet de lire une évolution de son art jusqu’à sa mort. On y retrouve certaines de ses œuvres les plus célèbres, telles que L’homme qui marche et Le Nez, mais aussi des éléments moins connus de sa pratique, notamment des dessins et des esquisses. Les pièces font l’objet d’un assemblage cohérent, et les liens avec les références mobilisées sont bien tracés tout en étant discrets.

La scénographie de l’exposition est en continuité avec l’architecture du bâtiment ; les œuvres sont déposées sur des îlots de bois blond, qui produisent un effet de contraste doux et lumineux avec le métal sombre des sculptures et les tons terreux des toiles. Les îlots divisent judicieusement l’espace, mettant en valeur le vertical des œuvres et répartissant agréablement la foule venue admirer l’exposition en grand nombre en cette belle journée de mars. La conception visuelle de l’espace d’exposition était moderne, remarquable, et encadrait parfaitement les œuvres.

L’audioguide sur iPad inclus dans le billet permet d’écouter des capsules à propos de plusieurs œuvres, sans s’attarder inutilement sur des détails ; ces capsules durent autour de deux minutes. Elles ne sont pas trop longues et intègrent des informations pertinentes ; photographies d’autres œuvres, de modèles et de l’atelier, esquisses, etc. L’audioguide enrichit réellement la visite, tout en ne distrayant pas le visiteur outre mesure des œuvres exposées devant lui.

Un travail poussé de contextualisation et de mise en valeur des œuvres a manifestement été réalisé pour cette exposition, qui permet d’appréhender une œuvre que certains pourraient trouver aride ; l’intégration des diverses périodes de création de l’artiste se fait sans heurt.

Le visiteur en quête de contrastes continuera sa visite à l’étage supérieur, où est abritée la collection Brousseau d’art Inuit, permanente. Faites vite, l’exposition se termine le 13 mai!

Au Musée national des beaux-arts du Québec
179 Grande Allée Ouest
Ville de Québec

Renseignements: Tél: (418) 643-2150 ou
https://www.mnbaq.org/exposition/alberto-giacometti-1253

En savoir plus sur http://planete.qc.ca/culture/jocelyne-tourangeau/lumieres/giacometti-vu-par-notre-nouvelle-collaboratrice/#Ep57l0v2if6lJMZm.99

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Virginie Genet
Étudiante en littérature, Virginie est passionnée par la scène littéraire et culturelle. Elle a un faible pour la littérature québécoise contemporaine, mais ses recherches se penchent plutôt sur la littérature française du XXe siècle. Être installée avec un bon livre et une tasse de thé ou traverser la ville pour découvrir une nouvelle librairie indépendante sont ses activités favorites. Une promenade en forêt avec son chien est la seule bonne raison de lui faire lever les yeux de ses livres !
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