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La parade des taupes

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Samedi, le temps était radieux, idéal pour la présentation d’un spectacle hors du commun : la parade des taupes. Présentée dans le cadre du Festival TransAmériques, cette performance hors du commun avait attiré de nombreux montréalais, qui s’étaient donné rendez-vous devant le Cabaret Mado, sur la rue Sainte-Catherine. Sept personnes déguisées en taupes — réalistes, loin de ressembler à des mascottes — se dandinaient, escaladant parcomètres et pierres de la Galerie Blanc. Dans une ambiance bon enfant et devant un public mêlant familles avec de très jeunes enfants et jeunes adultes, les taupes se sont mises à se promener sur la rue Sainte-Catherine (piétonne à cette hauteur), explorant ce que nous ne voyons plus dans le décor urbain. Elles interagissaient avec les passants médusés, les itinérants et les spectateurs ravis, tout en en faisant à leur tête.

 

Les taupes sont ensuite entrées dans le métro Beaudry, où nous avons pu les suivre jusque dans les wagons. Elles glissaient sur les rampes, grimpaient entre les escaliers roulants, surprenant les usagers du métro dans leur quotidien, et effrayant certains d’entre eux qui ne s’attendaient pas à leur présence. Facétieuses, elles ont pris d’assaut la station Berri-UQAM, toujours suivies par leur nombreux public, prenant parfois les enfants par la main, ou les serrant dans leur ver de terre géant. Elles ont continué à faire sourire les gens une fois sorties du métro, par exemple en entourant une cycliste qui est soudain devenue le centre de l’attention des caméras et des spectateurs. Elles ont fini leur parcours dans le parc Émilie-Gamelin, pimentant l’après-midi de nombreux montréalais profitant du soleil et des animations des Jardins Gamelin.

La parade des taupes, à Nanterre — copyright Martin Argyroglo

Ces taupes venaient tout droit de Nanterre, d’où elles sont arrivées avec Philippe Quesne, plasticien et scénographe, du centre dramatique national Nanterre-Amandiers. Il présente au FTA la pièce La nuit des taupes, dans l’Usine C, où l’on voit les animaux sur scène, remettant en question notre propre animalité.

 

«Où vont les taupes lorsqu’elles sortent de leur terrier ? Qu’est-ce qui les captive à leur arrivée à Montréal ? Suivons-les. Avant de se donner en spectacle dans La nuit des taupes, les sympathiques mammifères fouisseurs s’extirpent de leur caverne, se promènent dans les souterrains comme à la lumière du jour. Le temps d’une balade, nous devenons humains de compagnie. La ville leur appartient. »

-FTA

 

Il était très intéressant de redécouvrir la rue, le mobilier urbain et les décors de tous les jours à travers ces bêtes curieuses, qui fixaient notre attention sur des détails des nos trajets que nous avions oublié. La fascination qu’elles exerçaient rappelle le pouvoir d’intervention que peut avoir l’art, et convainc de la singularité de l’expérience de la performance. Seul bémol, les nombreuses caméras professionnelles suivant les taupes ; elles brisaient l’étrangeté du moment, et rappelaient sans cesse le contexte précis dans lequel les acteurs se trouvaient. Un dispositif plus discret aurait peut-être mieux servi le propos.

La nuit des taupes, présenté du 3 au 6 juin à l’Usine C (rencontre avec Philippe Quesne le 5 juin, après la représentation).

http://fta.ca/spectacle/la-nuit-des-taupes/

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Virginie Genet
Étudiante en littérature, Virginie est passionnée par la scène littéraire et culturelle. Elle a un faible pour la littérature québécoise contemporaine, mais ses recherches se penchent plutôt sur la littérature française du XXe siècle. Être installée avec un bon livre et une tasse de thé ou traverser la ville pour découvrir une nouvelle librairie indépendante sont ses activités favorites. Une promenade en forêt avec son chien est la seule bonne raison de lui faire lever les yeux de ses livres !
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