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Uparathi Culture (adulte)
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Jeudi le 07 avril, 2005
Le Club musical de Québec présentait, ce mardi 5 avril à la Salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, Lang Lang, jeune pianiste chinois de 23 ans dont on dit à juste titre qu’il est « l’un des artistes les plus électrisants de l’heure. » Il est déjà le récipiendaire de quelques prix dont, en 2002, le Prix Leonard Berstein en reconnaissance de son « exceptionnel talent musical ». (Le concert était enregistré par Espace musique, la radio musicale de Radio-Canada, 95,3 FM à Québec, et sera diffusé le mardi 31 mai dans le cadre des radios-concerts animés par Françoise Davoine et Mario Paquet et présentés du lundi au jeudi à 20 h.)
Il arrive sur scène avec les cheveux beaucoup plus longs que sur cette photo, ce qui lui donne l’air d’un adolescent. Il s’installe devant le piano, sans partition. L’écran tout en haut (heureuse initiative du Club musical de Québec) permet à tous de voir son jeu de mains et, entre les mouvements, son visage en gros plan. Lui, joue le nez en l’air! Pour l’allegro moderato, ses mains se font papillons butinant de note en note, et un sourire naît sur mon visage… Il joue avec finesse et délicatesse, son style est presque nonchalant. Pour l’andante cantabile, c’est de tout son corps qu’il semble caresser le piano. Comme il est grand, il se penche vers l’instrument, et son dos se voûte… Pour l’allegretto, ses mains deviennent des araignées, avec lesquelles il donne l’impression de « chatouiller » les touches. Il éclate de joie, de vigueur et de jeunesse; il est éblouissant! C’était la Sonate no 10 en do majeur, K. 330 de Mozart.
Autant Mozart était léger, autant Chopin se fait sérieux jusqu’au tragique, avant de se faire soudainement tendre et romantique. Il faut dire qu’au moment où il écrivait cette Sonate no 3 en si mineur, op. 58, sa tumultueuse liaison avec George Sand tournait au vinaigre… Pour le deuxième mouvement, un scherzo molto vivace, le jeu de mains de l’artiste est à la fois stupéfiant et gracieux. Il joue le largo suivant, tout au bout de ses bras, avec une extrême douceur; les notes s’égrènent comme autant de gouttes d’eau fragiles et translucides; il s’arrête presque de jouer, pour laisser venir jusqu’à nous la toute dernière sonorité. Et pour la finale, presto, non tanto, ses doigts courent et sèment l’orage sur le clavier. Virtuosité, fougue, maîtrise, les mots n’y suffisent plus, alors s’échappe une petite larme, comme pour ajouter encore une note aux siennes…
Ouf! Reprendre souffle à l’entracte!
Suivent les treize brèves pièces composant les Scènes d’enfants de Schumann. Certaines presque des berceuses; d’autres au thème facile et léger; d’autres trépidantes comme des enfants capricieux. Lang Lang a une façon à lui de laisser ses mains flotter dans les airs entre deux morceaux… Le Bonheur parfait, à l’évidence il le tient entre ses mains! Une tache de lumière sur son beau visage penché vient d’ailleurs en témoigner.
Suit une cascade d’eau vive (Prélude de Rachmaninov, Op. 23, no 2 en si bémol majeur), et les mains du pianiste bondissent comme chèvres de montagne. Pour le Prélude suivant (Op 23, no 5 en sol mineur), le pianiste atteint à une telle profondeur! Il explore ici toutes les intensités, toutes les sonorités et met tout son corps en mouvement pour traduire l’âme même de la musique.
Quand il attaque la Rhapsodie hongroise no 2 en do dièse mineur de Liszt, avec style et caractère, ses doigts deviennent de petits danseurs qui alternent fougue et douceur. J’entends de grands galops, puis des abeilles butineuses. C’est le ravissement, presque l’extase… Jamais ovation debout (nous qui l’avons si facile!) n’aura été autant méritée! Lang Lang se laisse littéralement tomber sur le banc pour nous jouer, en rappel, une délicieuse chanson chinoise; nous fait entendre ensuite Le Bourdon; généreux, il ajoute un dernier air que plusieurs fredonnent encore à la sortie…
On peut entendre des extraits sur le site de l’artiste.
Prochain événement présenté par le Club musical de Québec : Felicity Lott, soprano; Angelika Kirchschlager, mezzo-soprano; Eugene Asti, pianiste. Le lundi 18 avril à 20 h. Au programme : Lieder de Schumann, Brahms, Hugo Wolf, Carl Loewe et Mendelssohn.
   
0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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