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Le Psychomaton****

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Josée travaille dans un dépanneur. Derrière le comptoir, elle est aux premières loges pour observer les gens de son quartier. Elle essaie tant bien que mal de les comprendre et de les aider, mais elle n’est pas satisfaite. Avec l‘aide de son ami Polo, elle invente alors une machine pour dépanner les gens, en leur offrant littéralement un « towing-moral ». Cette machine aux allures de photomaton propose des services psychologiques automatisés; de multiples personnages s’y réfugieront pour y confier leurs angoisses, leurs rêves, leur mal de vivre et leur panne d’amour.

Tous les personnages qu’on voit défiler ne présentent pas le même intérêt, mais ils sont tous campés par des acteurs solides. Bien ancrée en milieu urbain, la pièce fait également défiler toute une faune anonyme, au milieu de bruits familiers, entre autres ceux de la circulation. On entend aussi un chœur de passants, qui mêlent bientôt leurs voix à la cacophonie ambiante.

Des décors astucieux et insolites permettent le déploiement des divers lieux de l’action. Autre point original : construction du psychomaton et interventions des utilisateurs se produisent simultanément. L’attention du spectateur est sollicitée d’une extrémité à l’autre de la scène; plus encore, puisque les acteurs, dont la plupart incarnent plusieurs personnages, déboulent également de la salle elle-même ou y retournent après avoir exécuté leur numéro. C’est vous dire que ça bouge!

Le texte est intelligent et offre des réflexions caustiques sur certaines de nos réalités : individualisme à outrance, solitude, culture – théâtre! Mais sa plus grande force réside dans sa capacité à susciter nos éclats de rire, nombreux et francs. Dommage que les quinze dernières minutes quittent ce tempo pour tomber dans le pathos, avant de revenir avec quelques miettes d’espoir persistant.

Soulignons particulièrement la performance d’Hélène Florent, qui interprète une Josée naïvement confiante et positive qui, à force de vouloir sauver le monde, en vient à s’oublier elle-même et à passer à côté de l’amour et du bonheur avec un Polo délicieusement interprété par Hugues Frenette, qui se métamorphose également devant nous en une petite vieille solitaire.

(À un certain moment, une actrice fume une cigarette &laquo aux herbes &raquo, m’assure-t-on! L’illusion est si parfaite… que j’ai été incommodée par la fumée :o))

Le Groupe AD HOC, en codiffusion avec le Théâtre Périscope, présente Le psychomaton jusqu’au 5 mai, à 20 h (représentation du dimanche 29 avril à 15 h).

Texte : Anne-Marie Olivier. Mise en scène : Véronika Makdissi-Warren. Assistance à la mise en scène et régie : Christian Garon. Distribution : Hélène Florent, Hugues Frenette, Érika Gagnon, Éric Leblanc et Édith Paquet. Décor : Élise Dubé. Costumes : Julie Morel. Éclairages et direction technique : Christian Fontaine. Conception sonore : Jean-Sébastien Côté. Conception vidéo et graphisme : Mario Villeneuve. Direction de production : Érika Gagnon.

1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

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