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Sa Majesté la reine****1/2

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Oscar 2007 : meilleure actrice, Helen Mirren

Un film de Stephen Frears

Générique : Non classé, Royaume-Uni-France-Italie 2006. Drame historique de 103 min. (V.F. de The Queen) Scén. : Peter Morgan. Photo : Affonso Beato. Montage : Lucia Zucchetti. Mus. orig. : Alexandre Desplat. Int. : Helen Mirren, Michael Sheen, James Cromwell, Helen McCrory, Alex Jennings, Roger Allam.

Lorsque survient la mort tragique de lady Diana Spencer, le 30 août 1997, le premier ministre Tony Blair et son parti travailliste sont au pouvoir depuis à peine trois mois. Elizabeth II, en revanche, règne sur la Grande-Bretagne depuis 45 ans.

Lui, encore vert dans les questions de protocole et de gestion de crise; elle, traditionaliste et hostile aux effusions publiques, réagissent à ce drame de façon opposée. À l’avantage de Blair, encensé pour sa compassion par des médias qui, du même souffle, reprochent à la monarque son indifférence.

Or, dépassée par la tragédie, plus encore par l’immense affection du public pour la défunte, celle-ci préfère se replier avec ses proches dans l’enceinte du château de Balmoral, en Écosse. Au bout de cinq jours, Blair réussit à la convaincre d’en sortir. (Source : Médiafilm)

Voici une « fiction-vérité », pour reprendre l’expression de Stéphanie Bois-Houde, aux accents de vérité très convaincants.

Il y a d’abord l’étonnante ressemblance des acteurs avec leurs personnages – et la justesse de leur interprétation. L’introduction de pièces documentaires ajoute encore au réalisme. Mais ce qui ressort surtout, c’est « l’humanité » d’un accident qui prendra rapidement des allures d’incident diplomatique.

Le tort d’Elizabeth sera de ne pas suffisamment tenir compte de l’opinion publique… et de vieillir. Comme toute personne ayant franchi le cap des 80 ans – et plus encore en raison de son éducation et de son rôle – bien sûr, elle souffre de rigidité, elle dont discrétion et dignité sont les mots d’ordre. Elle s’attache au fait d’avoir raison – car elle a raison : Diana, divorcée de Charles, ne fait plus partie de la famille, fut-elle royale! Il ne nous viendrait pas à l’idée d’organiser les funérailles d’une ex-belle-fille, n’est-ce pas! Mais l’adoration que le peuple anglais voue à sa princesse en décidera autrement.

Helen Mirren nous donne un portrait admirable de reine certes attachée à l’étiquette – parfois jusqu’au ridicule —, mais forte également de l’idée qu’elle se fait de ses responsabilités; assez intelligente pour se rendre finalement à l’évidence; courageuse au point de céder à l’insistance de « son » jeune premier ministre, même si elle en ressent une profonde humiliation. Et un portrait de femme qui, même si elle n’y cède pas souvent, laisse entrevoir sa vulnérabilité – par le biais de ses petits-enfants et le symbolisme d’un cerf…

Quant à Michael Sheen, il interprète un Tony Blair à la fois intelligent et perspicace sur le plan politique; et très respectueux de la monarchie incarnée par Elizabeth. Il en devient littéralement « vertueux » — et c’est admirable! Loin de se gausser d’un pouvoir qu’il sait très bien ne pas avoir sur cette femme hautement morale, il lui reconnaîtra le « courage de la survie ».

La dernière scène est un véritable ballet diplomatique à deux. Et c’est le respect et l’amour sincères de Tony Blair qui viendront lentement, péniblement à bout des réticences de la reine. Et on se prend à espérer qu’elle sera peut-être un tout petit peu moins seule, désormais…

Site officiel

Coté 3 (très bon) par Médiafilm

1/2

1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

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