Accueil Tous les chroniqueurs du passé Uparathi - Cinéma (sur vidéo) Roméo et Juliette*****

Roméo et Juliette*****

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Un film de Yves Desgagnés

Générique : Canada 2006. 13 ans +. Drame de 102 min. Prod. : Daniel Louis, Denise Robert. Distr. : Alliance Atlantis Vivafilm. Réal. : Yves Desgagnés. Scén. : Normand Chaurette, d’après la pièce de William Shakespeare. Photo : Pierre Mignot. Montage : Michel Arcand. Mus. : Dazmo. Int.: Thomas Lalonde, Charlotte Aubin, Jeanne Moreau, Pierre Curzi, Gilles Renaud, Maude Guérin.

Au cours d’un rave estival à Montréal, Juliette Véronneau et Roméo Lamontagne échangent un regard. C’est le coup de foudre. L’adolescent se met à épier Juliette et à la suivre jusqu’à son travail, ignorant que l’objet de son amour est la fille du magistrat qui s’apprête à juger pour meurtre son propre père, chef d’une bande de motards.

Lorsqu’elle cède enfin aux avances de Roméo, Juliette ne se doute pas que sa liaison secrète va provoquer une série d’événements malheureux qui aboutiront à un double meurtre. Plus encore, elle ignore qu’elle finira prisonnière des glaces du fleuve Saint-Laurent, au bord duquel sa grand-mère et confidente vient se recueillir pour tenter de garder vivante cette malheureuse histoire d’amour. (Source : mediafilm.ca)

Plus qu’une simple adaptation, cette version du classique Roméo et Juliette est une transposition. Qui plus est : des plus réussies et même, s’il se peut – meilleure que l’originale!

Au premier chef, voici les « enfants » que sont Roméo et Juliette. Et ils agissent – enfin! — comme tel : tombant amoureux au premier regard, ils vivent l’amour avec naïveté et idéalisme. Comme on fait à 16 ans. Les deux jeunes inconnus choisis pour les rôles-titres portent merveilleusement sur leur visage, dans leurs yeux, dans leur silence, dans leur impatience et jusque dans leur maladresse, cette innocence.

Admirable scène d’amour – un tantinet longue à l’écran, mais un peu courte à la vie, comme il se doit! —, où se peint sur le visage de Juliette non pas l’extase, mais la douleur d’une première pénétration. Admirable également, la comparaison — en images, nul besoin de mots ici — entre les scènes d’amour et les scènes de sexe! Admirable encore cette autre comparaison qu’on nous « montre » : le chef de gang qui élève son fils dans l’amour; et le juge qui élève le sien dans la violence…

La transposition donne à chacun des personnages son juste rôle; et tous les acteurs le rendent à merveille et dans le ton voulu. Il faut voir la surprise et puis la haine se peindre sur le visage de François, l’amoureux éconduit de Juliette – pas facile d’interpréter un tel personnage! La musique accompagne parfaitement tous les mouvements, du rude techno à la tristesse langoureuse. Et la sobriété souligne les conséquences du drame en assourdissant les sons.

Jeanne Moreau est superbe en grand-mère qui devine l’âme par-delà les apparences. D’un regard, elle comprendra le drame de celui qui aime Roméo sans espoir de retour… Ici encore, on nous montrera l’impact sur la toile du peintre sans en rien dire, dans une économie de mots qui « enrichit » le drame. On laisse entendre aussi celui d’Étienne à la sexualité peut-être trouble…

La photo est belle, qu’elle montre la laideur des quais de Montréal ou la beauté lumineuse de la campagne; le loft luxueux de la richesse ou celui, original, de la jeunesse créatrice et paumée. Peu de mots, mais quelques répliques qui viennent creuser leur chemin dans notre humanité. Et au détour de quelques scènes, la surprise de l’émotion. Après tant de versions, réussir à me faire encore pleurer sur ce drame archi connu – fallait le faire!

Coté 6 (nul) par Médiafilm

1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

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