Accueil Tous les chroniqueurs du passé Uparathi - Cinéma (sur vidéo) Le Grand Silence****

Le Grand Silence****

- Imprimer ce texte - Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message

Partagez cette page avec :

Un film de Philip Gröning

Générique : Allemagne 2005 (v.o. française et latine, sous-titres français). Documentaire (général) de 169 min. Réal., scén. et photo : Philip Gröning. Montage : P. Gröning, Walter Greifenstein, Anne Even, Luisella Realini, Alberto Chollet.

Le quotidien des frères contemplatifs du monastère de la Grande Chartreuse, situé dans les Alpes grenobloises.

Je suis allée voir ce film comme on va faire une méditation – raté! Car une foule de questions et de commentaires ont surgi dans ma tête au fil des très belles images et malgré le silence qui compose 98 % du film.

Car si le réalisateur, après avoir attendu quinze ans l’autorisation de vivre avec et comme les moines pendant six mois, nous les montre – avec une belle discrétion – dans leurs activités quotidiennes, comment filmer leur âme et leurs pensées? Recueillis dans la prière, sont-ils réellement en train de prier… ou de penser au prochain repas? Ce secret-là sera toujours bien gardé.

Philip Gröning utilise parfois un filtre sur sa caméra, qui donne au film une texture à gros grains; ce n’est heureusement pas toujours le cas, et de magnifiques images nous sont livrées du monastère à flanc de montagne couverte tour à tour de neige, de brume et de pluie; sur fond du tintement des cloches, qui ponctuent les activités monastiques, de jour comme de nuit.

Nous voyons les moines en prière – un gros plan sur une peau toute parcheminée est absolument magnifique! —, mais aussi au travail : coudre et cuisiner, prier, ensemencer et distribuer la nourriture, prier, couper le bois, qu’il faut aussi fendre et transporter, prier, raser les crânes (mais pas les barbes), nettoyer et prier encore et encore, de jour comme de nuit…

L’accueil des nouveaux venus est touchant et, malgré le silence, on le sent si joyeux! Un moine se permet quelques mots en allant nourrir les chats, témoignage d’une affection qui se fait rare, ici. Un jeune moine applique lentement, très lentement, de la crème sur la peau usée d’un très vieux moine; le toucher est si rare, ici…

La plupart du temps, ils mangent seuls et en lisant. (Auraient-ils peur du vide tant recherché par les moines orientaux?) La nourriture leur est distribuée dans leur cellule, par un carreau sous clé… Comme quoi la liberté est réellement affaire intérieure! Écuelles et gobelets en métal, cuillère et fourchette en bois; ici, l’expression « simplicité volontaire » s’applique à la lettre – admirable frugalité!

Une fois la semaine, ils prennent le repas en commun, et un moine fait la lecture pour tous. Et puis, c’est la récréation : ils sortent, ils placotent, ils rigolent — et ça fait plaisir à voir! Contre toute apparence, les journées doivent passer vite – et pas seulement celle-là. Le stress s’absente, le rythme est lent… ou l’inverse! Et puis, le silence, comme c’est apaisant!

De temps à autre, apparaissent à l’écran des textes de prières; qui reviennent régulièrement; dans ce qui pourrait sembler un éternel recommencement, mais que l’on sent être plutôt une marche à la rencontre de Dieu… De temps en temps, nous regardons un moine les yeux dans les yeux, pendant une longue minute; ils ne sont pas toujours à l’aise, on le comprend.

Sans doute, deux heures auraient suffi. Mais il aurait absolument fallu y inclure le témoignage du vieux moine aveugle, rempli d’amour et de la joie de Dieu!

Site officiel

Coté 3 (très bon) par Mediafilm

Toutes les images : Copyright by Philip Gröning

1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

Pour consulter les critiques d’autres films, appuyer sur l’icône des archives

Imprimer ce texte - Cliquez ici pour recevoir ce texte par courriel
Partagez cette page avec :
Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message