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Entretien – Aline Perraudin – 100 jours sans viande

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Comment présenteriez-vous votre livre ?

Un témoignage documenté et drôle (je l’espère) sur le « paradoxe » de la viande. Les gens en consomment, non parce qu’ils se moquent du sort des animaux mais en dépit du fait qu’ils ne s’en moquent pas. J’ai longtemps fait comme tout le monde : manger de la viande tout en aimant les animaux. Avant une prise de conscience…. C’est toute l’histoire de ce livre.

A travers mon défi de 100 jours sans viande, j’interroge notre goût ou dégoût pour la viande – en explorant sa valeur symbolique et sociale, notre rapport à l’animal (Peut-on continuer à maltraiter les animaux ?), et plus largement au vivant. Ce que nous faisons subir aux animaux en dit long sur nous…

En racontant mon expérience, 100 jours sans viande, j’ai surtout voulu intégrer la réflexion éthique dans la pratique, montrer concrètement, jour après jour, comment se passer de viande, se débrouiller en cuisine, en famille et en société.

 

Avez-vous une anecdote ou une histoire particulière liée à l’écriture de votre livre ?

Arrêter la viande, ce n’est pas comme arrêter le gluten ou le sucre, cela place inévitablement dans une posture morale : peut-on aimer les animaux et les manger ? Ne plus manger de viande rend-il plus humain ?… Cela remet en question notre logique alimentaire. J’ai pu l’éprouver tout au long de mon défi sans viande. Manger autrement, c’est penser autrement. Depuis que j’ai lâché le steak, j’ai la conscience plus tranquille. Franz Kafka, végétarien convaincu, aurait dit un jour devant l’aquarium de Berlin, en s’adressant aux poissons : « Maintenant je peux vous regarder en face, je ne vous mangerai plus. » Je me suis dit la même chose à chaque fois que je me suis promenée à la campagne et que j’ai vu des vaches pâturer. Je ne peux pas encore dire la même chose devant un saumon (que je croise plus rarement), mais je ne désespère pas d’y arriver.
On parle beaucoup du véganisme, refus de tout produit provenant de l’exploitation animale. C’est tendance. Mais c’est une tendance difficile à appliquer dans notre société actuelle. L’important, c’est de tendre vers quelque chose, d’aller dans la bonne direction. Impact de l’élevage sur le réchauffement climatique, prise en considération du sort des animaux, volonté de manger plus sainement, beaucoup de conditions sont, en tout cas, réunies pour un essor d’une alimentation plus végétale, plus durable.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage ?

Pour des raisons d’éthique -maltraitance des animaux dans les élevages intensifs, actes de cruauté dans les abattoirs… -, d’environnement ou de santé, de plus en plus personnes souhaitent arrêter ou du moins réduire leur consommation de viande. Mais elles ne savent pas par quoi la remplacer dans leur assiette. J’ai écrit ce livre pour elles.
A travers mon expérience, j’ai voulu montrer que l’on pouvait se défaire de ses passions carnivores, changer ses habitudes alimentaires, rester en forme et manger équilibré sans viande, et surtout se débrouiller en société, sans avoir à « s’excommunier », même si on ne mange pas comme les autres. Mon expérience prouve que l’on peut sans produits carnés garder une vie sociale intense et ne pas sacrifier les plaisirs de la table.
Je raconte cette transition vers une cuisine plus végétale. Sans viande, cela a été, pour moi, synonyme de plus de légumes, de légumes secs, de céréales, de fruits à coque… Réformer son assiette, c’est partir à la découverte de nouvelles saveurs. Comme le dit le chef étoilé français, Joël Robuchon : « on n’imagine pas combien un simple plat de lentilles, de pois chiches, de courgettes ou de soja peut être grand » ! Je l’ai découvert au cours de ces 100 jours sans viande.

 

Quels sont les écrivains et les œuvres qui ont le plus influencé votre travail ?

Ceux notamment que j’ai mis en exergue dans mon livre, comme le poète et écrivain américain, Henry Beston (1888- 1968) qui posait déjà, en 1928, dans « Une maison au bout du monde » (« The Outermost House ») la question de la relation de l’homme à l’animal. Plus largement, les écrivains, les philosophes et les sociologues qui ont questionné le statut de l’animal et la supposée alterité de l’être humain, comme Jacques Derrida qui, avec « L’animal que donc je suis », rompt avec la représentation de l’animal-machine cartésien. Ou encore Michel Onfray qui affirme : «Si je pense ; je deviens végétarien. C’est parce que je ne pense pas que je ne le suis pas (devenu)»

 

Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ?
J’écris dans mon lit, avec un portable, des heures d’affilée. Avec un chat imaginaire à mes côtés. En attendant l’arrivée d’un vrai chez moi… J’aime le temps de l’écriture, qui vous place dans un hors-temps.

 

Quels sont vos projets ?
Questionner encore notre rapport à l’alimentation, explorer ce qui se dit de nous dans notre assiette. Je mange donc je suis…

 

100 JOURS SANS VIANDE

Aline Perraudin

LES ÉDITIONS ÉDITO

2016 – 192 pages – 24,95$

MA CHRONIQUE

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