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Limonov, Emmanuel Carrere, P.O.L.
Récipiendaire du prix Renaudot en 2011, ce livre qui a beaucoup fait jaser après le passage de son auteur à Tout le monde en parle l’automne passé, est certainement l’un de mes coups de cœur littéraire de l’année 2011. Mais, il faut le dire, j’ai un parti pris pour Emmanuel Carrère.
J’ai adoré – comme tout le monde – ses livres sur la folie des hommes : L’adversaire et La classe neige. J’ai ri aux larmes en lisant La moustache. J’ai aimé – là où tous mes amis et plusieurs commentateurs ont détestés – ses récits autobiographiques : Un roman russe et D’autres vies que la mienne. Bref, Carrère est l’un de mes auteurs favoris. Je me suis donc précipitée sur cette nouveauté qui est arrivée en librairie en automne, comme le diable sur le pauvre monde… Et j’ai beaucoup, beaucoup aimé.
Il y est question d’un homme qui existe vraiment. Ce n’est pas qu’un personnage de fiction, même s’il en a toutes les caractéristiques. Il y est question d’exil et des États-Unis, de la Russie et de Poutine, de la Seconde Guerre mondiale et aussi d’humanité et de doutes. Voici d’ailleurs comment en parle Carrere :
"Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre".
Voilà un résumé qui, je le souhaite, saura vous mettre l’eau à la bouche…
Lucie Ledoux, critique littéraire |