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La bénédiction paternelle

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benediction-paternelle2Clin d’œil sur nos traditions

La bénédiction paternelle du premier jour de l’An était autrefois une pratique obligatoire dans les familles chrétiennes. Sorte de passeport pour l’année qui vient, la bénédiction était une façon de bien commencer l’année en se mettant sous la protection divine. Dans les familles où elle persiste comme tradition, elle a perdu son caractère exclusivement religieux.

C’est au père que revient le privilège de bénir sa famille. Pour les chrétiens, la figure du père impose le respect et représente l’autorité. Le chef de famille est investi symboliquement des pouvoirs du chef de l’Église. Au Québec, ce transfert de pouvoir est visible dans une tradition comme la bénédiction. Le matin du jour de l’An, l’aîné demande au père de bénir toute la famille. Il s’agit d’un moment solennel. Les circonstances entourant la demande de bénédiction sont souvent empreintes de gêne, d’émotion, d’énervement et de fébrilité. La courte cérémonie exige néanmoins un protocole qui varie peu selon les familles.

La famille s’installe dans un endroit propice, la cuisine ou le salon. Tout le monde se place à genoux les uns à côté des autres. Le père debout fait le signe de croix et prononce une prière de bénédiction qui se résume la plupart du temps par la simple formule : «Je vous bénis au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit». Après s’être signé, tout le monde se relève. Le père s’avance ensuite vers la mère, échange ses vœux et l’embrasse. Il poursuit de même avec tous les enfants en commençant par l’aîné jusqu’au plus jeune. Les échanges de vœux se continuent ainsi de suite entre tous les membres de la famille qui, à tour de rôle, se souhaitent une bonne et heureuse année. Pour chaque famille, ce moment de l’année a pour but de resserer les liens tout en dissipant les rancunes et les rivalités. Dans les familles où le père est absent, c’est souvent l’aîné des garçons qui le remplace. Rarement ce rôle est dévolu à la mère ou à l’aînée si c’est une fille. Lorsque les enfants sont grands, qu’ils partent de la maison pour fonder à leur tour une famille, le moment de la bénédiction paternelle se modifie et peut se déplacer au repas du soir quand tous sont réunis. Chaque famille adapte la tradition à sa manière mais ce moment demeure intime et privilégié chez ceux qui la pratiquent encore de nos jours.

© Le Réseau de diffusion des archives du Québec

http://rdaq.banq.qc.ca/expositions_virtuelles/coutumes_culture/janvier/jour_de_lan/clin_oeil_tradition.html

Petite, je recevais la bénédiction de mon père et plus tard dans la journée, celle de mon grand-père. Deux moments de grâce où je me sentais aimée et protégée.

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