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UBU ROI

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Du 17 avril au 12 mai 2007
Du mardi au vendredi 20 h
Les samedis à 15 h et 20 h

UBU ROI D’ALFRED JARRY MISE EN SCÈNE NORMAND CHOUINARD

UNE PRÉSENTATION
DRÔLE, SALE ET DANGEREUX

Un « merdre » retentissant s’est fait entendre lors de la création d’Ubu roi en 1896. Un jeune homme du nom d’Alfred Jarry préparait son coup fumant depuis l’adolescence. Son Père Ubu, inspiré d’un de ses professeurs particulièrement bête et grotesque, proche parent de ces personnages horrifiants du grand guignol, venait de faire un couac sur la scène bien propre du théâtre français. C’est ce Père Ubu drôle, sale et dangereux, cette pièce libre et ludique
créée par un adolescent délinquant et visionnaire, cette charge d’une incroyable drôlerie tournant en ridicule toutes les formes d’autoritarisme qui viennent clore la saison du TNM. Fidèles à l’esprit juvénile et frondeur de la farce de Jarry, Normand Chouinard, Rémy Girard, Marie Tifo et toute l’équipe de joyeux drilles qui les entourent renouent avec l’esprit de la fête foraine pour mieux révéler la grandeur tragi-comique de cet objet pétaradant non identifié, qui met en scène un roi cinglé et dangereux, accompagné de sa despotique première dame.

UN MACBETH DE LA SOTTISE

Père Ubu est capitaine de dragons, officier de confiance du roi Venceslas. Il se satisferait bien de son sort si sa femme n’avait d’autres ambitions pour lui. Elle le persuade de s’emparer du trône de Pologne avec la complicité de Bordure. Le Père Ubu parvient à tuer le roi Venceslas et tous les gens qui l’avaient appuyé. Mais le Père Ubu doit se méfier du fils de Venceslas, le prince Bougrelas, qu’il a malencontreusement épargné et qui souhaite reconquérir le trône de son père. Ubu se fait mener à la baguette par Mère Ubu. Ils forment ensemble un couple diabolique, qui rappelle tous les êtres dont la cupidité côtoie le ridicule, le fanatisme et la terreur. Ubu roi est à la fois une parodie du Macbeth de Shakespeare et une charge contre le pouvoir, incarné ici par le plus grand des imbéciles. La sottise du Père Ubu en fait un concentré à la fois comique et terrifiant des pires potentats du 20e siècle. L’oeuvre dénonce bien sûr les
systèmes politiques qui engendrent folie et absurdité de la course au pouvoir, raille les despotes accomplis ou en herbe, prêts à d’invraisemblables compromissions pour arriver à leurs fins, mais, plus encore, porte un regard caustique et lucide sur les comportements humains, le tout dans un grand éclat de rire impertinent et salvateur.

UN RÊVE DEVENU RÉALITÉ

Normand Chouinard, Rémy Girard et Marie Tifo sont amis depuis
toujours. Rémy et Marie, à l’époque où ils jouaient ensemble au Théâtre du Vieux-Québec, rêvaient déjà de jouer Ubu roi. Ce moment est venu. Normand Chouinard, qui a interprété tant de grands rôles et dirigé un Hôtel du libre échange qui a marqué ses débuts de metteur en scène au TNM, retrouve donc
ses amis pour faire d’un vieux rêve une réalité et nous entraîner, au moyen du rire, au royaume des crétins qui se sont arrogé le pouvoir. Ubu roi permet la rencontre de deux acteurs auxquels les spectateurs québécois sont intimement
attachés. Il entre en effet une part d’alchimie dans la relation que nous avons tous avec Rémy Girard et Marie Tifo, qui apportent à leurs personnages présence naturelle et authenticité. Entourés d’un choeur de comédiens inspirés,
appelés à jouer mille et un rôles et à se faire transformistes, ils embarquent dans un grand cirque pas ordinaire, huilé de main de maître par des concepteurs
débridés, qui nous permet de mieux percevoir les arcanes du pouvoir fou.

JARRY, LE COCKTAIL MOLOTOV

Mort en 1907, il y a cent ans cette année, à l’âge de trente-quatre ans, l’auteur d’Ubu roi a laissé une oeuvre fulgurante et inouïe qui crève les yeux. Il appartient à cette race d’écrivains « passés directement du collège à l’état de lanceur de bombes ». Mais il ne faudrait pas cadenasser Alfred Jarry dans l’adjectif ubuesque et reléguer son oeuvre dans le placard des farces et attrapes. Ubu roi n’est pas qu’une blague de collégien ou un recueil de contrepèteries marqué par l’anarchisme scatologique. Le fameux merdre lancé par le Père Ubu à la face du public il y a un peu plus d’un siècle résonne aujourd’hui encore pour mieux lancer un défi universel à la bêtise arrogante et triomphante, à l’avidité sans scrupules, à la bassesse et à la veulerie. Il y a décidément des actes terroristes qui font un bien fou ! Le théâtre de Jarry en est un.

MERDRE!

Avec RÉMY GIRARD / MARIE TIFO / FÉLIX BEAULIEU-DUCHESNEAU /
GUY BERNARD / NORMAND CARRIÈRE / ALEXANDRE DANEAU /
/DAVID-ALEXANDRE DESPRÉS / SÉBASTIEN DODGE / MAXIM GAUDETTE /BENOÎT PARADIS / ÉMILE PROULX-CLOUTIER / LISE ROY

Assistance à la mise en scène et régie GENEVIÈVE LAGACÉ
Décor JEAN BARD
Costumes SUZANNE HAREL
Éclairages CLAUDE ACCOLAS
Musique YVES MORIN
Chorégraphies SUZANNE LANTAGNE
Maquillages JACQUES-LEE PELLETIER
Accessoires NORMAND BLAIS

AU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE
84 rue Sainte-Catherine Ouest
métro Place des Arts

Réservations 514.866.8668 ou sur le site du TNM

NORMAND CHOUINARD AUX BELLES SOIRÉES

Les Belles Soirées vous convient à la troisième et dernière série de conférences
du TNM de la saison 2006-2007: «Le Père Ubu et la pataphysique».
LA PATAPHYSIQUE D’ALFRED JARRY ET DE SON PÈRE UBU
Avec Line Mc Murray / Le lundi 2 avril
LA PATAPHYSIQUE, D’HIER À AUJOURD’HUI
Avec Line Mc Murray / Le lundi 16 avril
LA VISITE DU PÈRE UBU
Avec Normand Chouinard / Le lundi 23 avril

Renseignements sur le site des Belles soirées ou au 514.343.2020

UBU ROI D’ ALFRED JARRY
MISE EN SCÈNE NORMAND CHOUINARD
— OH! VOILÀ DU JOLI, PÈRE UBU,
VOUS ESTES UN FORT GRAND VOYOU!

Normand Chouinard, acteur, a multiplié les grands rôles au TNM: Callimaco dans La Mandragore de Jean-Pierre Ronfard, Tartuffe, Scapin et George Dandin de Molière, Fadinard dans Un chapeau de paille d’Italie de Labiche, Obéron dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, Chandebise et Poche dans La Puce à l’oreille de Feydeau, Vladimir dans En attendant Godot de Beckett, sans oublier bien sûr Don Quichotte de Cervantes.
La carrière de Rémy Girard est inséparable de l’histoire culturelle du Québec des trente dernières années. Il a immortalisé au TNM quelques-unes des plus grandes figures du répertoire: Falstaff et Bottom de Shakespeare, Estragon de Beckett, Galilée de Brecht et Sancho Pança de Cervantes.

Marie Tifo, l’interprète idéale de Réjean Ducharme, a marqué de son empreinte Les Bons Débarras, HA ha!…, et L’Hiver de force. La directrice artistique du TNM, Lorraine Pintal, a également su magnifier son talent dans Les Beaux Dimanches de Marcel Dubé, Tartuffe de Molière, Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller, Monsieur Bovary de Robert Lalonde et Une adoration de Nancy Huston.

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