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La Bonne Âme du Se-Tchouan

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bonne-ame-se-tchouancaptureLA BONNE ÂME DU SE-TCHOUAN

Une présentation Desjardins Entreprises / Une collaboration ICI ARTV

À partir du 17 janvier 2017, le TNM présente La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht, mise en scène par Lorraine Pintal. Dans une ambiance de cabaret berlinois des années 40 est réunie une imposante distribution comprenant 4 musiciens et 15 comédiens-chanteurs, dont Isabelle Blais, Émile Proulx-Cloutier, France Castel, Bruno Marcil, Daniel Parent, Louise Forestier, Jean Maheux, Jean Marchand, Marie Tifo et Linda Sorgini. Cette fable imaginée par le grand dramaturge allemand raconte le dilemme d’une jeune femme au grand coeur qui doit, pour survivre, devenir aussi corrompue que ceux qui abusent d’elle. Chorégraphies, chants et adresses au public font de ce spectacle, à l’instar de L’Opéra de quat’sous, un théâtre musical ludique et enlevant qui s’interroge sur la persistance de la bonté dans un monde où tout n’est que commerce et hypocrisie.

UNE FABLE MUSICALE

La Bonne Âme du Se-Tchouan a été écrite en 1938, dans une Europe en pleine montée du nazisme. Brecht avait quitté l’Allemagne cinq ans auparavant, au moment de l’élection d’Hitler, et s’était réfugié en Scandinavie. La pièce a été créée en 1943 dans un cabaret à Zurich, en l’absence de son auteur, avec la musique originale de Paul Dessau.

Dans une Chine inventée, un dieu descend sur terre et trouve l’hospitalité chez une prostituée, Shen Te. Pour la remercier, il lui offre une petite boutique. Devenue marchande de tabac, la jeune fille, un peu trop généreuse, se fait manipuler par les habitants du Se-Tchouan et par un bel aviateur dont elle tombe éperdument amoureuse et qui profite de sa bonté. Quand son univers s’écroule, Shen Te fait appel à son cousin, Shui Ta, un homme d’affaires qui vient rétablir et assurer la rentabilité du commerce.  Mais qui est vraiment ce mystérieux cousin ? Est-ce que le monde actuel peut continuer à exister sans qu’il y ait une seule bonne âme pour le sauver ? C’est la question que pose Brecht dans cette parabole dénonçant les abus du pouvoir. Selon lui, pour que l’homme devienne bon, c’est toute la société qu’il faut changer.

BRECHT (1898-1956), UN MAÎTRE DU THÉÂTRE CONTEMPORAIN

Dramaturge et metteur en scène, auteur de récits, de romans et de poèmes, directeur artistique du célèbre Berliner Ensemble, Bertolt Brecht, avec sa compagne Helene Weigel, fait partie du cercle des grands hommes de théâtre du 20e siècle. Il a produit une oeuvre considérable et sa renommée est internationale. Il s’est attaché à écrire un théâtre qu’il qualifie d’épique et qui, par le procédé de distanciation, veut amener le public à réagir : en empêchant l’identification du spectateur au personnage, il libère sa capacité de jugement et d’analyse. Parmi ses pièces les plus connues, citons L’Opéra de quat’sous, Maître Puntila et son valet Matti, La Résistible Ascension d’Arturo Ui ou encore Mère Courage et ses enfants. L’ironie lui permet d’exprimer une vision critique du monde, dans un esprit festif et déluré.

UN SPECTACLE COMME UNE FÊTE

Fascinée depuis ses débuts par l’oeuvre de Brecht, Lorraine Pintal n’a eu de cesse d’explorer la distanciation élaborée et prônée par l’auteur à travers ses mises en scène de Têtes rondes et têtes pointues, Dans la jungle des villes et Jeanne Dark des abattoirs. La Bonne Âme du Se-Tchouan marque donc pour elle un retour aux sources auprès de son maître à penser. Pour raconter cette fabuleuse histoire, elle a rêvé d’un spectacle baigné dans l’atmosphère des cabarets allemands de la Deuxième Guerre mondiale, où la pièce a été créée. Faisant tomber le 4e mur, les comédiens s’adressent au public, le rendant complice de ce qui se passe sur scène. C’est à l’auteur et scénariste Normand Canac-Marquis que Lorraine Pintal a confié cette nouvelle adaptation de la pièce. Sa langue, poétique et directe, tissée de métaphores puissantes et profondément ancrée dans la société d’aujourd’hui, met en lumière les questionnements actuels que le spectacle soulève. Entourant la lumineuse Isabelle Blais, qui interprète Shen Te, un grand rôle féminin du répertoire contemporain, elle a également réuni une équipe exceptionnelle de comédiens-chanteurs.

Dans ce spectacle truffé de rebondissements et de surprises, les chants et la musique tiennent une large place. Arrangeur et directeur musical (pour Pierre Lapointe, entre autres, avec qui il a créé de nombreux spectacles), mais également grand amateur de Kurt Weill avec qui Brecht a créé la plupart de ses pièces, Philippe Brault signe la direction musicale et la musique originale : il entremêle, dans une grande liberté artistique, des airs venus d’une Chine imaginaire à des sonorités allemandes. En plus de créer les chorégraphies, la danseuse Jocelyne Montpetit a mené avec les interprètes des ateliers sur le corps oriental, afin d’imprégner le spectacle d’une gestuelle singulière, magnifiée par les costumes de Marc Senécal. Quant à la scénographie de  Danièle Lévesque, elle s’ouvre sur un vaste espace théâtral, une sorte de boîte à illusions où les lumières d’Erwann Bernard et les projections vidéo de Lionel Arnould (collaborateur de Robert Lepage et de Christian Lapointe) insufflent poésie et séduction.

La Bonne Âme du Se-Tchouan se veut une fête où acteurs et spectateurs sont conviés dans la plus pure lignée du théâtre brechtien. 

DU 17 JANVIER AU 11 FÉVRIER                                                                              Mardi 19 h 30 –  Mercredi au vendredi 20 h – Samedi 15 h et 20 h

AU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE

Réservations 514.866.8668 / http://www.tnm.qc.ca

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