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La Belle Époque de Toulouse-Lautrec

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MirlitonL’INTÉRIEUR DE CHEZ BRUANT : LE MIRLITON DE LOUIS ANQUETIN

Une redécouverte majeure dévoilée au MBAM

 Le Musée des beaux‐arts de Montréal (MBAM) révèle pour la première fois au grand public L’Intérieur de chez Bruant : le Mirliton (1886‐1887). Longtemps considérée comme abandonnée par l’artiste, cette toile inédite de Louis Anquetin sera présentée du 18 juin au 30 octobre, dans le cadre de l’exposition ToulouseLautrec affiche la Belle Époque.

L’Intérieur de chez Bruant : Le Mirliton est sans nul doute une redécouverte majeure de l’histoire de l’art du Paris de la fin du XIXe siècle. Par ses touches vives et ses couleurs éclatantes, ce tableau de grand format évoque la culture dynamique de Montmartre à son apogée. Il représente plusieurs personnalités mythiques, dont la Goulue et Aristide Bruant, contemporains d’Henri de Toulouse‐Lautrec.

« Inconnue des experts et des spécialistes jusqu’à ces dernières années, cette œuvre monumentale n’était imaginable que grâce à ses dessins préparatoires, aujourd’hui dispersés. Elle témoigne non seulement de la modernité esthétique d’Anquetin, mais aussi d’une mutation profonde dans les pratiques artistiques de l’époque. De Toulouse‐Lautrec à Picasso, les ateliers des peintres ne sont alors plus dans les académies, mais dans la rue, dans les cafés‐concerts, dans les cabarets », explique Gilles Genty, historien de l’art et commissaire invité de l’exposition ToulouseLautrec affiche la Belle Époque.

« Ce tableau est une formidable redécouverte… et une histoire d’amitié. Compagnons d’atelier et de la vie de bohème, Louis Anquetin appelait Henri de Toulouse‐Lautrec, son cadet de trois ans, – pourtant nabot et infirme –  »Mon grand ». Il appréciait son esprit de répartie et son acuité psychologique qui faisaient toujours mouche. De son côté, Henri admirait Louis, car il représentait ce qu’il n’était pas : santé de fer, corps robuste, sportif accompli, cavalier émérite, joyeux drille…

Le fils d’aristocrate aimait ce fils de boucher qui le protégeait des humiliations. Ils partageaient la vie de cabaret qui a fait la légende de Montmartre, au Chat Noir, au Mirliton, au Rat Mort…

Anquetin est un artiste que j’aime beaucoup, et qui attend sa grande rétrospective. Je suis heureuse de pouvoir lever le voile sur ce peintre important du  »petit boulevard », grâce à ce tableau, aujourd’hui », affirme Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du MBAM.

L’Intérieur de chez Bruant : le Mirliton (18861887)

Conçu comme un témoignage pour l’histoire, ce tableau de grand format est réalisé dans les conditions de la bohème artistique. L’artiste dessine l’esquisse générale de sa composition au pastel tout en multipliant les études préparatoires pour chaque personnage, parfois même sur du papier d’emballage. Ces dessins seront exposés au Salon des Indépendants en mars 1888.

Commencé sous les toits, dans la chambre exiguë qu’occupe alors Louis Anquetin, le tableau est poursuivi au cabaret lui‐même, mais reste à l’état de projet. Le tableau définitif représente plusieurs artistes de la Belle Époque, réunis au Mirliton, le café‐concert tapageur d’Aristide Bruant, fréquenté assidûment par Louis Anquetin et Henri de Toulouse‐Lautrec. Au centre se trouve la célèbre danseuse Louise Weber, surnommée la Goulue, penchée sur une table, qui nous invite à y entrer. Charismatique et sensuelle, la Goulue fera sensation dans les cabarets grâce au chahut, variation endiablée du cancan.

Face au spectateur, nous découvrons Émile Bernard et Marie Valette, modèle préféré d’Anquetin de 1886 à 1892 et qui, grande audace pour une femme à cette époque‐là, allume une cigarette en public. À leur gauche, la silhouette longiligne et le chapeau haut de forme correspondent à ceux de François Gauzi. Assis à la table, à droite, l’artiste Paul Tampier tourne le dos au spectateur. À gauche se trouve le peintre Émile Bernard. Et, derrière lui, se tient debout Henri de ToulouseLautrec, habitué du Mirliton, qui révolutionnera l’art de la gravure.

Tout au fond, identifiable par sa présence imposante, Aristide Bruant, vêtu d’une chemise rouge et les mains sur les hanches, s’apprête à déclamer ses poésies. Très applaudi au Chat Noir, il ouvre en 1885 son propre cabaret, le Mirliton. Écrivains et artistes de la scène locale font de

l’établissement l’un des premiers lieux à exposer en permanence des oeuvres deToulouse‐Lautrec, un véritable centre de création au coeur de Montmartre.

Louis Anquetin (18611932)

Peintre, affichiste et auteur, Louis Anquetin est né en 1861 dans la commune française d’Étrépagny. En 1882, l’étudiant se lie d’amitié avec Henri de Toulouse‐Lautrec à l’atelier parisien de Léon Bonnat. En 1884, Anquetin et Toulouse‐Lautrec sont admis dans l’atelier de Fernand Cormon, où ils font la connaissance d’Émile Bernard et de Vincent van Gogh. Anquetin, Van Gogh et Paul Gauguin formeront avec d’autres un groupe de peintres avant‐gardistes qu’ils nomment le « petit boulevard ». En complicité avec Bernard, Anquetin met au point le cloisonnisme, une technique picturale inspirée des estampes japonaises et du vitrail qui utilise de grands aplats de couleur soulignés de contours prononcés. Anquetin fréquente avec Toulouse‐Lautrec les cafés, cabarets et champs de courses parisiens. Présentés à l’exposition des XX de Bruxelles et au Salon des Indépendants de Paris, leurs tableaux attirent l’attention. Anquetin expose au Café Volpini en 1889, et organise le Salon des Arts libéraux deux ans plus tard. Malgré son influence notable sur l’avant‐garde parisienne, Anquetin retournera, au milieu des années 1890, à un style plus académique et à des sujets de nature classique.

ToulouseLautrec affiche la Belle Époque

Au Musée des beauxarts de Montréal

Du 18 juin au 30 octobre 2016 

Organisée par le MBAM et The Phillips Collection, Washington (DC), cette exposition présente une collection particulière d’exception. Elle offre une occasion extraordinaire d’admirer près de 100 estampes et affiches couvrant l’ensemble de la production lithographique d’Henri de ToulouseLautrec, de 1891 à 1900, aussi bien des images emblématiques que des épreuves uniques rarement exposées, choisies pour leur qualité et leurs couleurs incomparables. Elle compte également quatre oeuvres exécutées par deux suiveurs proches de l’artiste, dont une version grand format de la célèbre affiche Tournée du Chat Noir (1896), de Théophile Alexandre Steinlen ; ainsi qu’un pastel intitulé Au cirque (1887) et la peinture L’Intérieur de chez Bruant : Le Mirliton (1886‐1887), de Louis Anquetin, pour la première fois exposée.

Présentée au MBAM du 18 juin au 30 octobre, l’exposition ToulouseLautrec affiche la Belle Époque bénéficie du soutien de l’Association des bénévoles du MBAM et d’Air Canada.

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