Accueil Jocelyne Tourangeau Lumières CALIGULA ou la démesure

CALIGULA ou la démesure

- Imprimer ce texte - Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message

Partagez cette page avec :

photo Yves Renaud

CALIGULA 

D’Albert Camus

Mise en scène René Richard Cyr 

Une distribution exemplaire est réunie autour de Benoît McGinnis, avec notamment Macha Limonchik qui interprète Cæsonia, la maîtresse de Caligula, Éric Bruneau dans le rôle de l’esclave affranchi, Étienne Pilon en Cherea, meneur de la rébellion, et Benoît Drouin Germain, dans le rôle du jeune poète Scipion. 

 « Caligula, prince relativement aimable jusque-là, s’aperçoit à la mort de Drusilla, sa soeur et sa maîtresse, ‘‘ que les hommes meurent et ne sont pas heureux ’’. Dès lors, obsédé par la quête de l’absolu, empoisonné de mépris et d’horreur, il tente d’exercer, par le meurtre et la perversion systématique de toutes les valeurs, une liberté dont il découvrira pour finir qu’elle n’est pas la bonne. Il récuse l’amitié et l’amour, la solidarité humaine, le bien et le mal. » — Albert Camus

CRITIQUE 

René Richard Cyr a choisi de transposer la pièce dans un monde contemporain. Deux étages sur scène. L’un tout blanc, presque angélique, c’est là que  Drusilla et Caligula, également de blanc vêtus, s’adonnent à leurs ébats. L’étage au-dessous est au contraire sombre, rempli de poteaux de métal. Les nobles de la cour de Caligula portent des costumes modernes, tous gris. La musique, souvent angoissante, renforce l’état d’horreur et appuie fortement la tension dans le rythme.

Caligula, qui pourtant adore sa sœur Drusilla, l’assassine. Il convie ensuite sa cour à un repas où, imbu de lui-même, il se permet toutes les outrances possibles; il viole la femme de l’un, en étrangle presqu’un autre pour finalement lui laisser la vie sauve, s’amuse avec le jeune poète Scipion, blague avec son ami Hélicon et caresse Caesonia, sa maîtresse depuis toujours. Il sait que Cherea trame une rébellion contre lui. Il le tance, lui fournit même un poignard pour qu’il passe à l’acte. Rien n’y fait. Caligula arrogant, sûr de lui, demande l’impossible, avoir la lune.  Il se plaît à repousser toutes les limites de la décence  sans que quiconque ne réagisse. Chacun encaisse comme s’il était normal de vivre les pires humiliations. Et c’est ce qu’il y a de plus étonnant dans cette pièce, la léthargie de chacun face à un despote aussi vil et cruel. La démesure à son comble, à nous faire frissonner. Les acteurs sont tous excellents mais le talentueux Benoît McGinnis nous offre un Caligula effroyable.

*****

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu

3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

SUPPLÉMENTAIRES

Dimanche 9 avril à 14 h + Mardi 11 avril à 19 h 30

JUSQU’AU 9 AVRIL

Mardi 19 h 30

Mercredi au vendredi 20 h

Samedi 15 h et 20 h

Théâtre du Nouveau Monde

84 rue Sainte-Catherine Ouest

RÉSERVATIONS 514.866.8668 http://ww.tnm.qc.ca

Imprimer ce texte - Cliquez ici pour recevoir ce texte par courriel

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here