Planète Québec
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Jean-Gilles JUTRAS
À la découverte

Ça baigne dans le vin...
Le Mardi le 19 décembre, 2006

Vous rappelez-vous le temps où les soirs d’hiver, après le souper, alors qu’il n’y avait pas de télévision, très souvent, on se regroupait autour du piano ou même, dans certaines chaumière, tout près de l’harmonium et on chantait à qui mieux mieux des chansons venant des « vieux pays » et même des cantiques, principalement, en fin d’année, dans le temps de Noël et du Jour de l’an. Parmi ces chants…
MON BEAU SAPIN
Mon beau sapin, roi des forêts,
Que j'aime ta verdure!
Quand par l'hiver bois et guérets
Sont dépouillés de leurs attraits,
Mon beau sapin, roi des forêts,
Tu gardes ta parure.
Toi que Noël planta chez nous
Au saint anniversaire,
Joli sapin, comme ils sont doux,
Et tes bonbons et tes joujoux,
Toi que Noël planta chez nous
Tout brillant de lumière.
ET ENCORE… : le traditionnel chant que les Raoul Jobin, Richard Verreau et autres ténors illustres ont entonné avec ferveur :
Minuit! Chrétiens! C'est l'heure solennelle
Où l'homme Dieu descendit jusqu'à nous,
Pour effacer la tache originelle
Et de son Père arrêter le courroux.
Le monde entier tressaille d'espérance
A cette nuit qui lui donne un Sauveur.
Refrain
Peuple à genoux!
Attends ta délivrance: Noël! Noël!
Voici le Rédempteur: Noël! Noël!
Voici le Rédempteur!
Ce cantique dont la musique a été composée par Adolphe Adam, résidant de Roquemaure, située dans les Côtes-du-Rhône, a une histoire assez amusante… « Dans la diligence venant de Paris, entre Mâcon et Dijon, le 3 décembre 1847, Pladide CAPPEAU écrit les paroles célèbres du « Minuit chrétiens… »

Pourquoi je vous écris ces informations? Parce que, on le verra plus loin, l’atmosphère du vin est omniprésente dans cette histoire. Vous avez lu? « Entre Mâcon et Dijon » on est en pleine Bourgogne, plus précisément en côte chalonnaise, n’est-ce pas et, rappelez-vous, le dénommé Cappeau était né à Roquemaure, dans les Côtes-du-Rhône.
Mais ce n’est pas tout, l’auteur des paroles du « Minuit, chrétiens » réoriente sa carrière, en 1847, alors qu’il s’associe à Guillaume Clerc, maire de son village natal, pour gérer un commerce de vins! Alors, là, c’est le bouquet.
Ce qui plus est, ce serait le curé de Roquemaure, qui porte, lui aussi, un nom prédestiné, il s’appelle Eugène NICOLAS. D’abord ce Nicolas, fait penser au saint qui a précédé le Père Noël; bien plus, on sait que de nos jours, en France il y a un important négociant en vins qui porte ce même patronyme…
Interdit
Le cantique a cependant été interdit dans les églises, au début du 20e siècle, apprend-on dans le quotidien LE SOLEIL, du lundi 18 décembre. Un motu proprio du pape Pie X, (ordonnance du Saint-Siège) recommande de ne pas chanter le « Minuit, chrétiens » lors de la messe de minuit, sous prétexte qu’il s’agissait là d’un chant théâtral et peu religieux.
Le journaliste, Richard Boisvert écrit : « Les gens ont semblé prendre un malin plaisir à défier l’interdit. Dans bien des paroisses, la meilleure vois disponible entonnait toujours le fameux cantique dès que sonnait minuit, devant des rangées de bancs noirs de monde. De nos jours, alors que l’Église, après modification des quelques paroles qui causent problème du point de vue théologique, accueille favorablement le cantique, de moins en moins de fidèles se rassemblent pour l’entendre. »
Il est vrai que les temps changent, ou plutôt que nous changeons bien des habitudes, ce qui n’empêchera pas, que cette année encore, les églises vont se remplir le soir du 24 décembre… Et que quelques heures plus tard, on se rassemblera autour des tables bien garnies pour un réveillon hors de l’ordinaire.
L’ORDINAIRE
Justement, se rappelle-t-on aussi qu’on disait, en parlant de nos mères assujetties aux tâches de la maison, qu’elles préparaient « l’ordinaire », c’est-à-dire, selon le Petit Larousse, « ce qu’on sert habituellement à un repas, un menu habituel. » Ce terme n’est p^lus employé de nos jours, comme quoi même nos habitudes alimentaires et la façon de les décrire ont également changé.
En fait, jadis, le vin n’était pas présent sur la table de nos parents… Pour ma part, ce n’est que dans le dernier quart du siècle dernier que j’ai pris intérêt au vin. Remarquez que je me suis bien repris depuis.
J’espère qu’il en est ainsi pour vous et que vous arroserez généreusement vos rencontres festives autour de la table, tout au long des fêtes de Noël, du Nouvel An et autres activités semblables. N’oubliez pas, cependant, que la consommation « modérée » s’impose, principalement si vous ou vos invités devez prendre la route…
Enfin, en ces jours de réjouissances, n’oublions pas les plus démunis.
Bons préparatifs à la fête de Noël!
Jean-Gilles Jutras
Abassadeur du vin au Québec



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