Les morts-vivants de nos sociétés sont empressés au travail, ils ont des ambitions, un ego, une famille.

L’obsession de la sécurité les met à l’abri des imprévus. Pour eux, tout est réglé d’avance. La loi générale les joue comme des pions sur un échiquier.

Ils ne peuvent pas se lever la nuit pour réfléchir; ils faut qu’ils dorment pour pouvoir aller travailler le lendemain.

Or, nous ne sommes pas faits pour dormir huit heures d’un sommeil abrutissant. Je me lève parfois la nuit pour fêter, pour écrire, pour faire l’amour.

Tous ces morts-vivants se tiennent debout par la force de leur attachement somnambulique au programme qui les mène. Et, comme personne parmi eux n’est prêt à quitter son travail pour faire autre chose ou tout simplement rien, ils tombent malades, ils s’absentent, ils flânent au bureau, à l’usine, ils tuent le temps.

Mais le temps n’est pas fait pour être tué. Il faut pouvoir en jouir. Le temps est fait pour être dépensé à jouer, à se sentir libre, à créer. L’absentéisme est la façon détournée que les gens empruntent pour manifester leur mécontentement à l’égard d’un travail qu’ils n’aiment pas.

Certains travailleurs sont capables de s’évader dans la rêverie. Que pensez-vous qu’ils recherchent quand ils sont dans la lune? Le contact avec les grands espaces psychiques colorés!

Par rapport au travail à la chaîne, les vacances représentent un véritable Niagara sensoriel.

Il pourrait en être ainsi tous les jours de la vie. On préfère pourtant retenir ses tendances, ses besoins, ses émotions et adopter une attitude responsable, c’est-à-dire castratrice.

On ne voit pas plus loin que le corps. Ainsi, on meurt bien avant le moment de la mort physique, mais on ne le sait pas. C’est pourquoi la vie est terne.

Nous traversons la pire période de l’humanité, car chacun croit que le sort de la société dépend de lui. Et quand il s’aperçoit que les autres ne sont pas dupe de la fausse importance qu’il s’accorde, il devient agressif.

En réalité, un pion sur un échiquier ne pèse pas lourd dans l’équilibre des forces.

Je vous le dis, en vérité, s’il était possible qu’une catastrophe anéantisse tous les gens pressés et stressés, raisonnables et responsables, l’humanité aurait peut-être une chance de s’éveiller et de s’en sortir.

Et s’éveiller, c’est devenir le joueur.

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André Moreau - en liberté

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