Je sais bien que la science nous a donné l’automobile, l’aviation, la télévision, la radio, le téléphone, l’ordinateur, la génétique et la bombe atomique, mais est-ce là un progrès réel?

Est-ce que tout cela nous rend plus heureux, plus conscients, plus libres?

On prétend avoir guéri de nombreuses maladies, sauf qu’il y a de plus en plus de gens malades et de moins en moins de médecins. Les nouvelles maladies qui se déclarent remplacent les anciennes. Ce ne sont pas tant les maladies qu’il faut s’appliquer à guérir que le psychisme qui en produit constamment de nouvelles.

J’en suis arrivé à penser que l’homme malsain règne en maître sur cette terre et qu’en comparaison, l’homme sain est un paria.

L’étude des civilisations primitives ne nous révèle pas l’existence d’une humanité anxieuse, souffrante et débile. C’est nous qui sommes anxieux, souffrants et débiles. Nous avons sacrifié notre vie au labeur auquel nous vouons un culte; nous sommes devenus des esclaves, des impuissants et des malades.

Je vois là le travail de sape de la pensée matérialiste. Elle a pénétré partout: en science, en politique, en économie, en éducation, en médecine. Sous prétexte d’une plus grande efficacité, elle nous amène à dépenser une énorme énergie, sans jamais mener nulle part.

L’humanité fait du surplace. Elle n’avance pas, elle ne progresse pas. Je mets quiconque au défi de démontrer qu’il y a eu la moindre bribe d’évolution sur cette terre pour ce qui est des choses essentielles.

Il n’y a jamais eu autant de pauvre, autant de gens qui meurent de faim, autant de fraudes.

Notre planète est aux mains des «hommes d’affaires pressés de l’univers». Ce sont des gens gris, ternes, au discours mortifère, imbus du sentiment de leur importance et qui ne sont en fait que de grossiers exploiteurs.

On croit que le fait de pouvoir partir en croisière à bord d’immenses cargos donne plus de bonheur que d’aller marcher en forêt avec sa famille. C’est l’argent qu’on dépense qui fait le prix des choses.

J’ai refusé, pour ma part, cet esprit de consommation retors, sournois, hypocrite et ruineux. Je crois qu’une des meilleures choses qui me soit arrivée sur terre est d’être privé des moyens qui me permettraient de jouir de cette fausse prospérité.

Je préférerais être un primitif et un cueilleur qui s’avance tout nu dans la savane, (oui, celui de la petite image accolée dernièrement à mon article) qu’un de ces milliardaires qui occupent leur vie à faire de l’argent.

Il va falloir que les riches réalisent tout ce qu’ils ont à envier aux poètes et aux artistes. La véritable unité d’une vie est dans la créativité, dans l’invention de soi.

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André Moreau - en liberté

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