J’ai décidé depuis longtemps de vivre comme dans mes rêves, c’est-à-dire en faisant abstraction de la censure, des tabous, des interdits, en me livrant au plaisir de réaliser mes phantasmes.

On m’objectera que c’est sans doute le meilleur moyen de se faire arrêter par la police. Mais je veux ici plaider en ma faveur.

L’intelligence a toujours sa place dans les jeux de l’amour et si j’ai, jusqu’à maintenant, évité de me faire taper sur les doigts, c’est parce que j’ai su m’entourer d’humour, de délicatesse et de discrétion.

Il est si facile de demander à quelqu’un que l’on désire la permission de l’embrasser ou de le toucher. Que peut-il résulter de mauvais d’une telle demande ? La pire chose qui puisse arriver, c’est de se faire dire non, et cela ne fait pas mal.

Sur dix personnes que vous solliciterez, il y en aura au moins une qui vous dira oui. Est-ce que cela ne vaut pas la peine d’essayer ?

Or, la plupart des humains sont timides. Les gens vont même jusqu’à fuir ce qu’ils recherchent au point de nier leurs sentiments et leurs désirs.

Prenons le cas d’une de mes voisines de palier qui s’arrange toujours pour sortir de chez elle au moment où j’attends l’ascenseur. Il est évident que ce n’est pas un hasard. Elle guette ce moment pour m’adresser la parole.

Je suis persuadé qu’elle s’intéresse énormément à moi, sauf que, depuis des années, elle me snobe et se comporte comme si je la dérangeais. Elle m’a même déjà averti de ne pas m’approcher trop près d’elle dans l’ascenseur, me menaçant de me faire mettre au pas si je devenais trop hardi.

Alors, récemment, voyant qu’elle me fixait effrontément, je lui ai lancé comme ça : “Seriez-vous amoureuse de moi, par hasard ?” Elle m’a regardé avec indignation et m’a répondu : “Pour qui vous prenez-vous? Pensez-vous vraiment que toutes les femmes vont vous tomber dans les bras?”

On pourrait croire que je m’étais trompé. Pourtant, l’imperceptible frisson qui a parcouru son échine m’a démontré qu’elle avait menti en feignant l’indifférence ou l’indignation. Cette femme veut que je lui fasse la cour, mais ai-je des années à lui consacrer en vaines conversations pour l’amadouer ? Je préfère des proies plus faciles.

Certains sursauteront ici à l’idée que j’aie parlé de “proies”. “Ah, s’écrieront-ils, vous l’admettez! Les femmes sont des proies pour vous! Vous voulez vous servir d’elles.”

Pourquoi le nier, puisque la plupart aiment sentir que je les convoite? Pourquoi devrais-je feindre d’ignorer mes pulsions parce qu’une femme fronce le sourcil devant mes propos? Je préfère passer pour un vicieux que pour un peureux.

De toute façon, il y a aussi des don Juan féminins qui ne se gênent pas pour aborder les hommes qui leur plaisent.

On m’accusera d’avoir eu l’air fou quand ma voisine m’a remis à ma place. Mais pour moi, le sentiment qui l’emporte après une telle expérience est la fierté d’avoir osé.

J’imagine que vous cessez d’avoir l’air fou après quelques centaines d’essais. Pourquoi ne pas vous mettre à l’entraînement et oser davantage?

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André Moreau - en liberté

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